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Marché financier : Le Cameroun sollicite 150 milliards de FCFA de la BVMAC

Dernière mise à jours il y'a 2 heures

Le calendrier prévisionnel des émissions de titres publics, piloté par la Direction générale du Trésor, confirme l'intention de Yaoundé de lancer un emprunt obligataire de 150 milliards de FCFA à la Bourse des valeurs mobilières de l'Afrique centrale (BVMAC).

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Bien que le pays privilégie souvent le marché monétaire de la BEAC pour sa souplesse, ce retour vers la place de Douala marque une volonté de diversifier ses sources de financement. Toutefois, cette opération reste suspendue à la "météo" d'un marché régional de plus en plus saturé, où la concurrence pour la liquidité entre les États membres de la CEMAC atteint des sommets inédits.

L'enjeu pour le Cameroun est de consolider son rang de deuxième émetteur souverain, juste derrière le Gabon qui domine actuellement le compartiment obligataire avec 46 % de parts de marché. Depuis 2010, le Trésor camerounais a déjà mobilisé une enveloppe colossale de 8 646 milliards de FCFA sur les marchés de capitaux, dont 1 206,2 milliards sur la seule bourse de Douala. Le recours à l'Appel Public à l'Épargne (APE) en 2026 vise à transformer une dette souvent court-termiste en ressources de longue maturité pour soutenir les projets d'infrastructure. Pour séduire des investisseurs devenus prudents, Yaoundé pourrait s'appuyer sur la technique des taux multiples, expérimentée avec succès en 2023, permettant d'ajuster l'offre à la réalité des attentes des banques et des assureurs de la sous-région.

Néanmoins, la prudence reste de mise au sein du ministère des Finances. L'échec du projet d'emprunt de 2024, annulé face au renchérissement des taux d'intérêt, rappelle que le Trésor n'hésitera pas à pivoter vers des solutions hybrides ou à reporter l'opération si les conditions de marché deviennent prohibitives. Samuel Tela, le directeur de la trésorerie, dispose de leviers alternatifs comme le rachat de titres ou les émissions sur le marché monétaire de la BEAC pour préserver la signature du pays. En 2026, le succès de cette levée de 150 milliards de FCFA ne sera donc pas seulement une victoire budgétaire, mais le signe d'un marché financier capable de financer durablement l'émergence économique du pays sans étouffer ses capacités de remboursement.


Bernardo

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