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Financement des projets : La BEAC accorde 72 milliards de FCFA à Camtel et Bocom

Dernière mise à jours il y'a 2 heures

L'institut d'émission de l'Afrique Centrale sort de sa réserve habituelle pour irriguer directement les artères productives du Cameroun. À travers son « guichet spécial de refinancement », un levier monétaire resté trop longtemps dans l'ombre, la BEAC vient d'acter un soutien massif de 72,5 milliards de FCFA au profit de deux piliers de l'économie nationale : l'opérateur de télécommunications Camtel et la société minière G-Stones, filiale du groupe Bocom.

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La confirmation de cette manne financière marque un tournant dans la gestion de la liquidité régionale. En ressuscitant ce mécanisme datant des années 80, le Gouverneur Yvon Sana Bangui entend non seulement oxygéner des projets industriels de premier plan, mais aussi freiner l'érosion des réserves de change en misant sur l'import-substitution.

Le partage de cette enveloppe illustre une ambition double : l'extraction de la richesse minière et la densification du tissu numérique. G-Stones hérite de la part du lion avec 41,2 milliards de FCFA destinés au gisement de fer de Bipindi Grand-Zambi, un trésor minier dont la valeur est estimée à 33,3 milliards de dollars. Ce prêt sur sept ans vient compléter un pool bancaire mené par Afriland First Bank pour accélérer une production annuelle de 1,3 million de tonnes de fer. De son côté, Camtel bénéficie de 31,3 milliards de FCFA via un consortium dirigé par la Commercial Bank Cameroun (CBC). Ces fonds sont déjà fléchés vers le déploiement agressif des réseaux 2G, 3G et 4G dans les zones universitaires et les capitales départementales, visant à briser les dernières zones d'ombre du territoire en 2026.

Pourtant, cette offensive financière de la banque centrale ne manque pas de soulever des débats au sein du cercle fermé des économistes de la zone CEMAC. Si le Cameroun et le Congo sont actuellement les seuls à exploiter ce guichet — avec un encours camerounais bondissant de 4,6 milliards à 152 milliards de FCFA en six ans —, certaines voix s'interrogent sur l'implication directe de l'institut d'émission dans le crédit à l'économie, y voyant une sortie de son cœur de métier régalien. Mais pour Yaoundé, l'enjeu est ailleurs : en mobilisant cet instrument pour des projets comme la mine de Grand-Zambi ou la réhabilitation future de la Sonara, le pays s'assure des ressources stables à des taux compétitifs (TIAO), tout en bâtissant une souveraineté industrielle capable de résister aux vents contraires de la finance internationale.


Bernardo

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