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RDC : Le chinois CATH injecte 20 millions $ dans le projet Manono

Dernière mise à jours il y'a 53 minutes

Le feuilleton du lithium congolais vient de connaître un rebondissement financier qui confirme l'acharnement des acteurs en présence. La société australienne AVZ Minerals a réceptionné l'intégralité d'un financement de 20 millions de dollars mis à disposition par son partenaire stratégique, le groupe chinois Suzhou CATH Energy Technologies.

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Cet apport de capital, issu d'une facilité de crédit négociée un an plus tôt, ne constitue pas seulement une bouée de sauvetage pour une entreprise dont les titres sont suspendus de la bourse de Sydney. C'est une affirmation de la persévérance de Pékin sur le gisement de Manono, le plus vaste réservoir de lithium en roche dure de la planète, malgré l'annulation du permis d'exploitation par Kinshasa et la montée en puissance de rivaux sino-américains sur le terrain.

L'engagement de CATH, étroitement lié au géant mondial des batteries CATL, s'inscrit dans une logique de sécurisation des ressources à long terme. En cas de rétablissement de ses droits, la compagnie chinoise obtiendrait l'exclusivité sur l'intégralité de la production pendant cinq ans, tout en s'octroyant une participation indirecte de 30,5 % dans le projet. Pour AVZ, ces fonds sont le nerf d'une guerre juridique qui se joue désormais devant les tribunaux internationaux. Parallèlement, le paysage s'est complexifié avec l'irruption de la start-up californienne KoBold Metals, soutenue par de prestigieux capitaux américains, qui a signé un accord-cadre avec le gouvernement congolais pour l'exploration de Manono. Cette offensive de Washington, formalisée par un partenariat stratégique signé en décembre 2025, vise ouvertement à briser l'hégémonie chinoise sur les métaux de la transition énergétique en RDC.

Sur le terrain de la province du Tanganyika, l'incertitude demeure totale. Si le groupe chinois Zijin Mining, nouveau partenaire de la société publique Cominière au sein de Manono Lithium SAS, affichait l'ambition de lancer la production dès le premier semestre 2026, les mises à jour sur l'avancement des infrastructures et de l'alimentation électrique se font rares. Pour le gouvernement de la RDC, le dossier Manono est devenu un baromètre de la fiabilité du climat des affaires. Le ministre des Mines, Louis Watum, s'apprête à transmettre aux États-Unis une liste de projets miniers éligibles aux capitaux américains, mais l'imbroglio juridique de Manono pourrait l'exclure de ce canal privilégié. Entre les procédures d'arbitrage suspendues jusqu'en février 2026 et les enquêtes du gendarme boursier australien (ASIC) contre la direction d'AVZ, le plus grand projet de lithium d'Afrique reste prisonnier d'une impasse qui retarde, mois après mois, l'entrée du Congo dans l'ère de la mobilité électrique mondiale.


Ndjolo Carlos

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