Gabon : La potasse comme issue de sortie à la dépendance au manganèse
Dernière mise à jours il y'a 54 minutesLe sous-sol gabonais s'apprête à libérer un nouveau pilier de souveraineté économique. Longtemps éclipsée par l'hégémonie du manganèse, qui porte à bout de bras les 6 % de contribution minière au PIB national, la potasse s'impose désormais comme le levier de rupture de Libreville.
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La compagnie canadienne Millennial Potash Corp a franchi une étape décisive en lançant l'étude de faisabilité définitive pour son projet Banio, situé à la frontière sud-ouest du pays. Pour les autorités de la Transition, l'enjeu dépasse la simple extraction : il s'agit de porter la part du secteur extractif à 10 % de la richesse nationale en exploitant la soif mondiale d'engrais, transformant ainsi le pays en un carrefour stratégique pour la sécurité alimentaire continentale.
L'ambition industrielle entourant le projet Banio repose sur des chiffres vertigineux. Les estimations actualisées en décembre 2025 révèlent un réservoir de 2,45 milliards de tonnes de ressources mesurées et indiquées, affichant une teneur de 16,6 % en chlorure de potassium (KCl). À cette base s'ajoutent plus de 3,5 milliards de tonnes de ressources inférées. Pour transformer ce potentiel en réalité sonnante et trébuchante, Millennial Potash s'est entourée de l'expertise allemande du cabinet ERCOSPLAN, avec pour objectif de valider un scénario de production annuelle de 800 000 tonnes de muriate de potasse (MOP). L'appui financier de 3 millions de dollars consenti par l'agence américaine DFC (International Development Finance Corporation) pour ces études confirme l'intérêt géopolitique de ce gisement, capable de concurrencer les sites voisins du Congo-Brazzaville.
Cette offensive sur la potasse s'intègre dans une architecture de diversification plus vaste, où le fer de Belinga et de Baniaka joue déjà les premiers rôles avec plus de 4 milliards de tonnes de ressources identifiées. Le défi pour Libreville réside désormais dans la capacité à transformer cet attrait géologique en chantiers concrets. Alors que les études d'impact environnemental et de faisabilité doivent être bouclées au second semestre 2026, le gouvernement gabonais s'attèle à pérenniser un climat des affaires attractif pour sécuriser les milliards de dollars nécessaires à la construction des infrastructures minières. En pariant sur "l'or vert", le Gabon ne cherche pas seulement à multiplier ses sources de devises, mais à bâtir une industrie multisectorielle où la transformation locale des métaux et des minéraux fertilisants devient le moteur d'une croissance enfin affranchie des cycles pétroliers.
BCN
Floyd Miles
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