Blanchiment des capitaux : L’UE retire six pays africains de sa liste grise
Dernière mise à jours il y'a 2 heuresLe paysage de la conformité bancaire africaine connaît une recomposition majeure en ce début d'année. Ce 18 janvier 2026, la Commission européenne a officialisé le retrait de six nations du continent de sa liste des juridictions à haut risque en matière de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme (LBC/FT).
Le Nigéria, l’Afrique du Sud, le Mali, le Burkina Faso, la Tanzanie et le Mozambique sortent ainsi du purgatoire financier de Bruxelles, une décision qui entrera officiellement en vigueur le 29 janvier. Ce blanc-seing, qui fait suite aux évaluations positives du Groupe d’Action Financière (GAFI), vient récompenser des réformes structurelles profondes, allant du renforcement de la surveillance des flux transfrontaliers à une meilleure répression des crimes financiers, offrant à ces économies un signal fort de crédibilité pour les investisseurs internationaux.
Pourtant, cette vague de normalisation s'arrête aux portes du golfe de Guinée. Le Cameroun, à l'instar de la Côte d'Ivoire et de la République démocratique du Congo, demeure maintenu sous surveillance renforcée par l'exécutif européen. Pour Yaoundé, ce statu quo traduit des « carences stratégiques » persistantes qui, selon Bruxelles, continuent de faire peser une menace sur l'intégrité du système financier de l'Union. Les lacunes identifiées touchent particulièrement la supervision des organisations à but non lucratif et l'application des sanctions financières ciblées du Conseil de sécurité des Nations Unies. Cette étiquette de pays tiers à haut risque impose de fait une vigilance accrue aux banques correspondantes, renchérissant le coût des transactions et ralentissant l'afflux de capitaux étrangers dont le pays a cruellement besoin pour son budget 2026.
Face à ce défi, la réponse institutionnelle s'organise avec une échéance claire : avril 2026. Hubert Nde Sombone, directeur de l’Agence nationale d’investigation financière (ANIF), orchestre une contre-offensive structurée autour d'un plan d'action en dix points. Ce dispositif inclut une montée en puissance des services douaniers dans la saisie des devises non déclarées et une hiérarchisation des contrôles basée sur l'approche des risques. Pour la locomotive de la CEMAC, l'enjeu dépasse la simple conformité technique ; il s'agit de restaurer une image de marque financière écornée. Alors que le pays perd en moyenne 1 000 milliards de FCFA par an à cause des flux illicites, la sortie de cette liste est devenue un impératif de souveraineté pour ne pas voir ses ambitions de croissance entravées par les barrières de la finance mondiale.
Bernardo
Floyd Miles
Actually, now that I try out the links on my message, above, none of them take me to the secure site. Only my shortcut on my desktop, which I created years ago.