Finances publiques : Les créances bancaires sur le Cameroun en nette augmentation
Dernière mise à jours il y'a 3 moisLe Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a récemment mis en lumière un revirement dans les relations financières entre le système bancaire et l'État du Cameroun. Après une période de repli observée depuis la mi-2024 (hormis un léger sursaut en juillet 2024), les créances nettes des banques sur l’État camerounais ont repris leur dynamique haussière en mai et juin 2025.
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Selon le rapport de la BEAC publié le 14 octobre 2025, ces créances ont atteint 2 147,6 milliards de FCFA en mai et 2 087,8 milliards de FCFA en juin 2025. Ces montants correspondent à des croissances respectives de 4,1 % et 5,3 % en glissement annuel, confirmant l'inversion de la tendance.
Cette remontée s'explique par la combinaison de facteurs majeurs à savoir la persistance des besoins de financement du Trésor public camerounais et l'accueil favorable des émissions de titres publics sur le marché sous-régional. Pour combler ses exigences de trésorerie, le Cameroun continue de s'appuyer de manière significative sur le système bancaire domestique, notamment via la souscription à des bons ou obligations d'État. Cette tendance est d'ailleurs observable dans l'ensemble de la Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC), englobant le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Tchad et la République centrafricaine.
Les établissements bancaires jouent un rôle pivot dans ce dispositif, non seulement en tant que prêteurs directs, mais aussi comme Spécialistes en valeurs du Trésor (SVT), ce qui leur permet d'intervenir activement sur le marché des titres publics de la BEAC. Depuis sa création en 2011, le marché des titres publics de la BEAC est devenu le principal outil de financement domestique pour les pays de la sous-région, avec une nette domination du Cameroun, du Congo et du Gabon. L'étude de la Banque centrale révèle que le dynamisme de ce marché s'est accentué. L'encours global des valeurs du Trésor en circulation a bondi de 26,2 % en un an, passant de 6 871,7 milliards de FCFA en juin 2024 à 8 672,4 milliards douze mois plus tard. Les fonds effectivement levés sur cette période ont culminé à 5 127,8 milliards de FCFA, surpassant légèrement le niveau de l'année précédente.
Cependant, les banques d'investissement soulignent que cette dynamique s'appuie fortement sur les Bons de Trésor assimilables (BTA), qui sont des titres à courte maturité (moins de 52 semaines), représentant plus de 60 % des émissions à fin juin 2025. Un tel recours aux financements à court terme est souvent interprété comme un signe des tensions de trésorerie persistantes au niveau de l'État. Si ce recours au marché monétaire permet aux États de la CEMAC de répondre à leurs besoins immédiats, la BEAC lance un message de vigilance. La montée continue des créances sur les États génère deux risques majeurs. L'accumulation de titres publics dans les bilans bancaires accroît la vulnérabilité des banques en cas de difficultés de paiement de la part de l'État. Des institutions internationales comme la Banque mondiale ont d'ailleurs alerté sur cette forte exposition des banques camerounaises. Une exposition excessive des banques à la dette publique peut réduire la part de leurs ressources qu'elles consacrent au financement des entreprises et des ménages, limitant ainsi l'accès au crédit pour le secteur privé, un moteur essentiel de la croissance économique. La banque centrale appelle donc à une gestion équilibrée pour garantir la stabilité financière et éviter que la satisfaction des besoins publics ne se fasse au détriment du financement de l'économie réelle.
BCN
Floyd Miles
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