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Électricité : Les producteurs indépendants renforcent le poids des besoins

Dernière mise à jours il y'a 10 heures

La promesse d'une énergie électrique abondante et bon marché vient de se fracasser sur l'autel de la réalité budgétaire camerounaise. Alors que le barrage de Nachtigal commence à peine à faire vibrer ses turbines, le coût de la dépendance aux producteurs indépendants (IPP) s'offre une envolée spectaculaire de 17 %, culminant à 156,133 milliards de FCFA.

Ce n'est pas une simple inflation, c'est un séisme structurel : en intégrant désormais les frais de transport et les droits d’eau au cœur même de la facture d’achat, le secteur bascule dans une ère d'opacité financière où l'expansion du réseau semble inversement proportionnelle à sa rentabilité. Cette dérive, consignée par l'Agence de régulation du secteur de l'électricité (Arsel) en ce début d'année 2026, souligne l'incapacité du système à traduire ses avancées technologiques en économies d'échelle pour le contribuable.

L'évolution du mix énergétique, censée soulager les caisses de l'État, produit pour l'heure l'effet inverse. Bien que Nachtigal ait injecté 10 % de la production globale dès sa première année, cette performance a été neutralisée par une explosion des dépenses en combustibles, passées de 41,6 à 64,5 milliards de FCFA. Ce recours massif au thermique, imposé par des lenteurs dans la mise en service complète des nouvelles capacités hydroélectriques, témoigne d'une gestion de l'urgence qui fragilise les prévisions budgétaires. Tandis que la demande industrielle croît de 5 %, le système se trouve contraint de solliciter des unités de production onéreuses pour sécuriser le Réseau Interconnecté Sud, rendant la transition énergétique aussi lente que coûteuse.

Le paysage des acteurs privés subit une mutation profonde, sans pour autant desserrer l'étau financier. Si les parts de marché de KPDC et EDC reculent respectivement à 12 % et 9 %, la nouvelle architecture tarifaire rend les IPP plus pesants que jamais. Le glissement de périmètre, qui transforme des charges techniques comme le transport en achats d'énergie, complexifie toute tentative de rationalisation. En 2026, l'équilibre du secteur électrique ne dépend plus de la seule force de l'eau, mais d'une renégociation musclée des contrats de partenariat. Pour éviter l'asphyxie, le Cameroun doit impérativement aligner son calendrier industriel sur ses impératifs de trésorerie, sous peine de voir ses ambitions de développement se dissoudre dans une dette énergétique hors de contrôle.


Ndjomo Carlos

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