Notation financière en FCFA : Le Cameroun opte pour Bloomfield
Dernière mise à jours il y'a 3 moisDans un mouvement visant à affirmer sa présence sur la scène financière continentale, le gouvernement camerounais a officiellement sollicité l’agence de notation ivoirienne Bloomfield Investment Corporation. Cette démarche marque une étape nouvelle pour le pays, puisqu'il s’agit d’obtenir, pour la première fois, une notation souveraine en monnaie locale (franc CFA).
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Cette initiative s'inscrit dans une optique de renforcement de la crédibilité du Cameroun sur le marché régional de la dette. Elle traduit une volonté claire des autorités de diversifier leurs sources de financement et de s’orienter davantage vers l'épargne régionale. Pour la Direction générale du Trésor, de la Coopération financière et monétaire, la notation en monnaie locale répond à des objectifs bien définis. Kelly Mua Kingsly, responsable des opérations financières au Trésor, a souligné que cette évaluation permettrait au pays d'attirer plus facilement des investissements régionaux et de consolider ses liens économiques avec les États voisins. Les autorités estiment qu'une notation en franc CFA est mieux adaptée pour refléter la réalité économique du pays, offrant une lecture plus nuancée que celle des grandes agences internationales.
Le choix de Bloomfield s'explique d'ailleurs par sa connaissance fine des spécificités régionales et une méthodologie perçue comme plus souple par rapport aux réalités locales, un élément qui pourrait jouer un rôle déterminant dans l'évaluation du risque pays. En août dernier, l’agence américaine Moody’s avait maintenu la note du Cameroun à « Caa 1 » pour la dette à long terme, assortie d’une perspective stable, tout en avertissant d'un risque potentiel de défaut lié aux tensions de liquidité. Une évaluation plus favorable délivrée par Bloomfield pourrait ainsi avoir un effet immédiat en renforçant la confiance des investisseurs de la sous-région et, de fait, contribuer à réduire le coût de l’emprunt public via une éventuelle baisse des taux d’intérêt sur les titres du Trésor. Cette initiative arrive à un moment sensible pour les finances publiques camerounaises. Le pays se prépare en effet à l'échéance de son Eurobond de 750 millions de dollars, émis en 2015 avec un taux d’intérêt de 9,50 %, qui arrive à maturité le 19 novembre 2025. Le succès du remboursement de cette dette extérieure de premier plan pourrait non seulement éviter des difficultés de paiement, mais surtout offrir une nouvelle marge de manœuvre budgétaire. Cela permettrait à l'État de réorienter de manière décisive sa stratégie d'endettement vers des financements libellés en monnaie locale, allégeant par conséquent la pression sur les réserves de devises de la BEAC.
À fin juin 2025, la dette intérieure du Cameroun atteignait 3 814,4 milliards de FCFA, représentant 11,6 % du Produit Intérieur Brut (PIB), selon la Caisse autonome d’amortissement (CAA). Le marché des titres publics de la BEAC, principal levier de financement domestique de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), représente plus de la moitié (55 %) de cette dette. La CAA note par ailleurs une hausse de 11,6 % des émissions de Bons du Trésor assimilables (BTA) sur un an, signe de la demande persistante de financement intérieur. En cherchant à valoriser son profil de risque à travers une notation en franc CFA, le Cameroun espère stabiliser son accès au financement régional et mieux gérer cette pression croissante sur son marché domestique.
Bernardo
bernardo carlos ndjomo
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Floyd Miles
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