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Titres publics : Le Cameroun envisage de lever 320 milliards de FCFA sur le marché de la BEAC

Dernière mise à jours il y'a 11 heures

Selon le calendrier prévisionnel des émissions publié par la direction générale du Trésor et de la Coopération financière et monétaire, Yaoundé ambitionne de mobiliser 320 milliards de FCFA sur le marché des titres publics de la Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC) entre janvier et mars.

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Cette stratégie agressive représente 80 % du plafond annuel de 400 milliards de FCFA autorisé par la loi de finances 2026 pour les nouveaux emprunts. En concentrant l'essentiel de ses sollicitations sur le premier trimestre, le gouvernement affiche une volonté de sécuriser ses flux financiers dès l'entame de l'année, dans un contexte de forte pression sur les dépenses de fonctionnement et d'investissement.

La configuration des instruments sollicités révèle une priorité accordée à la gestion de la trésorerie à court terme. Pour le mois de janvier, le ministère des Finances prévoit de lever 45 milliards de FCFA exclusivement via des Bons du Trésor assimilables (BTA), dont la maturité n'excède pas un an. Ces titres sont traditionnellement utilisés pour combler des décalages ponctuels entre les recettes fiscales et les dépenses immédiates. Sur l'ensemble du trimestre, les BTA représentent 180 milliards de FCFA, dépassant les 140 milliards affectés aux Obligations du Trésor assimilables (OTA). Ce recours massif au marché monétaire souligne la nécessité pour l'État de maintenir une agilité financière face aux échéances de paiement de la solde et des charges courantes, tout en préservant la crédibilité de sa signature auprès des investisseurs sous-régionaux.

L'accélération des emprunts en février et mars, avec des objectifs respectifs de 160 et 115 milliards de FCFA, intègre cette fois des instruments de maturités plus longues allant de deux à dix ans. Ces OTA sont destinées au financement des projets structurants inscrits au budget 2026, qui culmine à 8 816,4 milliards de FCFA. Malgré une hausse du coût de l'argent sur le marché régional, induite par la politique monétaire restrictive de la BEAC visant à contenir l'inflation, le Cameroun continue de bénéficier d'une sursouscription régulière de ses offres. Cette résilience s'explique par la confiance des Spécialistes en valeurs du Trésor (SVT) dans la capacité de l'État à honorer ses engagements, renforcée par une exécution budgétaire qui privilégie désormais la transparence et le respect des calendriers de remboursement.

Cette mobilisation précoce s'inscrit dans un cadre macroéconomique où le besoin total de financement et de trésorerie pour 2026 est estimé à plus de 3 104 milliards de FCFA. Au-delà des 400 milliards de titres publics, Yaoundé devra également solliciter des appuis budgétaires et des financements extérieurs pour équilibrer ses comptes. La réussite de cette levée de fonds trimestrielle sera déterminante pour le lancement effectif des chantiers prioritaires, notamment dans les domaines de l'énergie et des infrastructures routières. En saturant rapidement son quota d'émissions annuelles, le Trésor camerounais fait le pari d'une stabilité financière préventive, quitte à devoir recourir ultérieurement à des opérations de refinancement pour lisser sa dette au cours des trimestres suivants.


Bernardo

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