Industrie extractive : Le secteur pétrolier en perte de vitesse
Dernière mise à jours il y'a 10 heures169,5 milliards de FCFA : c'est le montant, en net recul, qui cristallise les doutes sur l'avenir pétrolier du Cameroun. Alors que les cours mondiaux de l'énergie offrent des opportunités de rentabilité certaines, le bassin sédimentaire national semble s'enfoncer dans une spirale de désinvestissement inédite. Les données consolidées de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) pour l'exercice écoulé ne se contentent pas d'afficher une baisse comptable de 29,47 % ; elles révèlent une mutation profonde de la stratégie des opérateurs, désormais plus enclins à gérer la fin de vie des gisements qu'à financer l'avenir de l'exploration.
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Cette décrue des investissements a mécaniquement induit une réduction des coûts techniques unitaires, offrant l'illusion d'une efficacité retrouvée. Pour les champs à huile, le coût de production annuel moyen s'est ainsi replié à 26,15 dollars le baril, contre plus de 31 dollars précédemment. Dans le segment gazier, la chute est encore plus brutale au sein de l'Association Sanaga Sud, où le coût technique a été divisé par deux pour s'établir à 3,46 dollars par baril équivalent pétrole. Cependant, cette baisse des indicateurs techniques ne reflète nullement une amélioration de la productivité, mais traduit plutôt l'absence de nouveaux forages et de travaux de développement lourds. Le secteur semble s'être installé dans une logique de gestion de la fin de vie des puits, où l'on se contente d'extraire les réserves prouvées sans investir dans l'avenir.
Le paradoxe de cette industrie réside dans la trajectoire ascendante des charges opérationnelles. Alors que les investissements de fond reculent, les coûts d’exploitation, eux, s'envolent. Pour les hydrocarbures liquides, la facture est passée à 10,78 dollars le baril, une inflation nourrie par la maturité des gisements et une baisse tendancielle de la production annuelle. Le gaz naturel n'échappe pas à cette pression, avec des frais opératoires grimpant à 1,82 dollar par baril équivalent pétrole contre 1,28 dollar l'exercice précédent. Ce renchérissement des opérations, combiné à l'obsolescence progressive des infrastructures existantes, réduit la marge de manœuvre de l'État et des partenaires privés pour maintenir la rentabilité des blocs en exploitation.
Face à ce déclin des investissements, l'enjeu pour Yaoundé en 2026 est de réinventer l'attractivité de son bassin sédimentaire. La maturité des champs existants impose désormais de se tourner vers des zones plus complexes, exigeant des technologies de pointe et des incitations fiscales plus audacieuses. Sans une relance vigoureuse de l'exploration, la part des hydrocarbures dans les recettes de l'État risque de s'étioler durablement. La résilience de la filière dépendra de la capacité du pays à transformer son cadre réglementaire pour attirer de nouveaux acteurs capables de supporter le risque géologique et le renchérissement des coûts d'extraction dans un marché mondial de plus en plus tourné vers la transition énergétique.
BCN
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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