Congo : L'échange dette-nature pour un développement durable
Dernière mise à jours il y'a 2 moisLe Congo (Brazzaville) s'engage dans une voie financière innovante pour concilier la gestion de sa dette souveraine et la protection de son capital écologique.
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Le pays, qui abrite une part essentielle du Bassin du Congo (le deuxième poumon vert de la planète) a entamé des discussions avec des partenaires européens en vue d’un éventuel échange dette-nature (Debt-for-Nature Swap). Cette opération stratégique vise à transformer une partie de ses obligations financières en investissements directs pour la conservation environnementale.
Selon le ministre des Finances, Christian Yoka, cité par l’agence Reuters, l'objectif de ce projet, déjà évoqué fin 2024, est de racheter environ 126 millions de dollars (près de 79 milliards FCFA) de dette publique. Les marges budgétaires ainsi dégagées seraient immédiatement réinvesties dans des programmes de développement durable et de protection de la biodiversité.
Le pays compte environ 34 millions d’hectares de forêts denses, soit plus de 65 % de son territoire. D'après la Banque mondiale, les forêts congolaises stockent plus de 44 gigatonnes d’équivalent CO₂, conférant au pays un rôle crucial dans la régulation climatique mondiale. Pour concrétiser cet échange prévu en principe au cours de l'année, le gouvernement congolais compte sur l'appui technique et financier de deux organisations non-gouvernementales américaines : Wildlife Conservation Society (WCS) et The Nature Conservancy (TNC).
L'initiative d’échange dette-nature s'inscrit dans un contexte macroéconomique exigeant. Le Congo, fortement dépendant des hydrocarbures, cherche à stabiliser ses finances. Récemment, le pays a effectué sa première levée obligataire internationale en près de vingt ans, l'émission d’un Eurobond de 670 millions de dollars (environ 380 milliards FCFA), selon un communiqué du ministère des Finances daté du 5 novembre 2025. Malgré ces efforts de financement, l'endettement reste un défi majeur. En 2024, la dette publique du Congo s’élevait à 8 535,77 milliards FCFA, portant son ratio dette/PIB à 92,31 %, un niveau nettement supérieur au seuil de convergence communautaire de 70 % fixé par la CEMAC. En s'engageant dans ce mécanisme innovant, le Congo cherche non seulement à libérer des ressources budgétaires, mais aussi à consolider la protection de sa part de l’une des plus grandes forêts tropicales du monde, affirmant ainsi sa stratégie de valorisation de son capital environnemental au service de la gestion financière.
BCN
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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