Formation et emploi : L'Etat relance les concours des ENS et ENSET
Dernière mise à jours il y'a 2 heuresFace aux milliers de chaises vides laissées par des enseignants «déserteurs», l'État se résout à briser un sevrage de trois ans.
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Jacques Fame Ndongo, Ministre de l'enseignement supérieur a activé le levier du recrutement massif en ouvrant 2 500 places pour les futurs professeurs des collèges et lycées. Cette décision, arrachée à un calendrier budgétaire sous haute tension, ne se contente pas de garnir les rangs des Écoles Normales Supérieures (ENS) et Techniques (ENSET). Elle sonne comme un aveu de l'urgence de stabiliser un système éducatif ébranlé par des désertions en série, tout en tentant de justifier une masse salariale qui frôle désormais l'asphyxie financière.
La géographie de cette nouvelle promotion dessine un équilibre précaire entre les besoins académiques et les impératifs techniques. Les cinq ENS du triangle national héritent de 1 300 postes, laissant le reliquat de 1 200 places aux ENSET de Douala, Ebolowa ou encore Kumba. Ce déploiement intervient alors que les rapports officiels de 2025 dressaient un constat de désolation : plus de 1 200 enseignants officiellement portés disparus à l'échelle nationale, dont une concentration alarmante de 637 personnels volatilisés dans la seule région du Centre. En relançant la machine des concours, l'exécutif tente de colmater des brèches qui, au-delà du simple manque de professeurs, révèlent une crise de vocation et un contrôle administratif en plein dévoiement.
Pourtant, cette injection de sang neuf pèse lourd dans les livres de comptes de l'État. Le Ministère des Enseignements Secondaires demeure le premier poste de dépense du personnel, dévorant près de 34 % des 1 522,8 milliards de FCFA de la masse salariale globale. Ce paradoxe budgétaire, où le secteur le plus coûteux est aussi celui qui affiche le plus grand taux d'absentéisme, place la cuvée 2026 sous une surveillance accrue. L'enjeu ne réside plus dans le nombre de diplômés jetés dans l'arène, mais dans la capacité du gouvernement à transformer ces 2 500 nouvelles recrues en une force de travail réelle, capable d'inverser la courbe d'un déclin qualitatif que les chiffres ne parviennent plus à masquer.
Bernardo
bernardo carlos ndjomo
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Floyd Miles
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