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Sommet extraordinaire de la CEMAC : Les sujets qui préoccupent..

Dernière mise à jours il y'a 2 heures

Le 22 janvier prochain, Brazzaville se transformera en épicentre de la résilience monétaire de l’Afrique centrale, sous l'impulsion du président congolais Denis Sassou N'Guesso. Ce sommet extraordinaire, convoqué dans un climat de tension, vise à conjurer un péril que les technocrates de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) scrutent avec une inquiétude croissante.

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Alors que l’année 2026 s’ouvre sur des échéances de remboursement de dette extérieure particulièrement lourdes, notamment pour le Cameroun qui doit honorer près de 250 milliards de FCFA dès ce premier mois, la sous-région se retrouve à la croisée des chemins, oscillant entre la nécessité de préserver la parité fixe du Franc CFA et l’impératif de financer des économies encore trop dépendantes des chocs exogènes.

La dégradation des indicateurs ne laisse que peu de place à la procrastination. En l'espace de six mois, le matelas de devises de la communauté a fondu de 1 300 milliards de FCFA pour s'établir à 6 377,3 milliards à la fin de l'exercice 2025. Cette érosion fait reculer le taux de couverture extérieure de la monnaie à 67 %, un niveau qui ravive les souvenirs douloureux de la crise de 2016. La vulnérabilité est d'autant plus vive qu'à l'exception du Tchad, les États membres naviguent sans le filet de sécurité de programmes actifs avec le Fonds Monétaire International (FMI). Sans cet appui, le risque de voir les réserves tomber sous le seuil psychologique observé il y a dix ans devient une hypothèse de travail sérieuse pour les analystes financiers de la région.

Au cœur du conclave de Brazzaville figurera également le bras de fer diplomatique entourant les fonds de restauration des sites extractifs (RES). Évalué à 6 000 milliards de FCFA, ce pactole logé dans des comptes à l'étranger par les multinationales pétrolières et minières fait l'objet d'une pression intense pour un rapatriement vers la BEAC. Cette réforme, bien que salutaire pour le niveau des réserves, se heurte à une opposition frontale de Washington, où un projet de loi du Congrès menace de geler tout soutien institutionnel à la CEMAC en cas d'intégration de ces fonds aux réserves officielles. Le 22 janvier, les chefs d'État devront donc trancher entre l'affirmation d'une souveraineté monétaire renforcée et la gestion d'un équilibre géopolitique fragile, sachant que la stabilité de la zone repose sur leur capacité à transformer ces actifs dormants en un bouclier contre l'incertitude.


Bernardo

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