Congo : La SNPC recourt à la Bvmac pour lever des fonds
Dernière mise à jours il y'a 3 moisL'appel au marché financier régional par la Société Nationale des Pétroles du Congo (SNPC) marque une inflexion dans le mode de financement des entreprises publiques congolaises.
Lire aussi : Secteur bancaire : Le déséquilibre entre financement et investissement
L’opération traduit un arbitrage décisif en faveur du financement désintermédié, permettant à l'établissement de mobiliser du capital directement auprès des investisseurs, et non plus exclusivement auprès des créanciers bancaires traditionnels. Cette démarche met simultanément en lumière les impératifs de refinancement des projets pétroliers et la pression exercée par les normes de marché sur la gouvernance d'entreprise d'un acteur clé.
Le besoin de financement de la SNPC est intimement lié à l'exploitation et à la mise en valeur de ses actifs upstream (exploration et production). Les fonds levés sont affectés au développement de plusieurs permis pétroliers actuellement en exploitation, notamment Nonga 1, Kouakouala et Le Mayombe. Ces actifs, évalués par la société comme une garantie solide, sont au cœur de l'ambition de croissance du secteur pétrolier congolais. En optant pour un emprunt obligataire par Appel Public à l'Épargne (APE), la SNPC s'éloigne du financement par la dette souveraine ou le crédit syndiqué. Cet exit du circuit bancaire classique pour un marché des capitaux répond à une recherche d'optimisation de l'allocation de capital et d'une diversification des sources de fonds, moins susceptibles d'engendrer un effet d'éviction (crowding-out) sur le marché du crédit domestique.
L'instrument financier, l'obligation « SNPC 6,5% NET 2024–2029 », est désormais coté. La Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC) a procédé à sa première cotation ce mercredi 15 octobre 2025. Au total, 3 208 600 obligations ont été admises au compartiment C – Obligataire de la cote officielle, avec une procédure d’offre à prix ouvert fixant le cours de référence à 10 000 FCFA par titre (100% du nominal). Toutefois, l'opération a révélé une prudence marquée des investisseurs. Lancé en février 2025 avec un montant cible de 100 milliards de FCFA, l'emprunt n'a permis de mobiliser que 32 milliards de FCFA, soit un taux de souscription de seulement 32%. L'obligation est assortie d'un coupon net de 6,5%, sur une maturité de cinq ans, avec un amortissement constant du principal. Si ce taux de rendement est compétitif dans le contexte sous-régional, l'échec à atteindre le montant cible de financement pose la question de la perception du risque de crédit par le marché. L'attrait de l'opération repose, de manière prépondérante, sur la garantie inconditionnelle accordée par l'État congolais pour minimiser le risque de défaut.
Le faible taux de souscription est l'indicateur le plus éloquent de la méfiance du marché envers les entités publiques africaines, même celles adossées à une garantie souveraine. Cela suggère une asymétrie d'information perçue par les investisseurs, qui exigent un niveau de divulgation (disclosure) d'informations financières et opérationnelles plus rigoureux que celui fourni. Malgré le résultat de la souscription, la direction de la société publique a tenu un discours rassurant. Maixent Raoul Ominga, directeur général de la SNPC, a insisté sur « l’importance de cette initiative pour le renforcement de la coopération économique sous-régionale », tout en assurant disposer des « garanties nécessaires pour honorer nos engagements ». L'admission des titres à la BVMAC est un levier d'amélioration de la gouvernance. L'obligation de rendre compte périodiquement pour maintenir la liquidité des titres sur le marché secondaire est un test de crédibilité pour la SNPC et pour la BVMAC, qui cherche à augmenter la profondeur de son marché obligataire au-delà des seules émissions souveraines. La démarche de la SNPC s'inscrit dans un mouvement plus large de titrisation des besoins de financement en zone CEMAC. Néanmoins, le résultat de la souscription (32 Md FCFA levés sur 100 Md FCFA visés) est un rappel brutal que la simple garantie étatique ne suffit plus à convaincre. Les investisseurs exigent désormais une efficacité allocative du capital et une transparence en adéquation avec les standards internationaux.
Bernardo
Floyd Miles
Actually, now that I try out the links on my message, above, none of them take me to the secure site. Only my shortcut on my desktop, which I created years ago.