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Cemac : Le marché du crédit sur une corde raide au premier trimestre 2025

Dernière mise à jours il y'a 2 heures

Alors que les derniers relevés de la Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC) confirment une stagnation des coûts, une réalité brutale s'impose aux investisseurs : au premier trimestre 2025, le robinet du crédit s'est grippé, affichant une contraction de 7,7 % des nouveaux prêts malgré une apparente stabilité des tarifs.

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Avec un Taux Effectif Global (TEG) moyen s'élevant à 10,51 %, le marché monétaire de la CEMAC traverse une zone de turbulences où la baisse faciale des taux ne suffit plus à masquer la frilosité des banquiers. Entre le Cameroun, qui négocie ses fonds à 8,26 %, et la Guinée équatoriale, où le coût de l'argent s'envole au-delà des 15 %, la fracture financière de la sous-région n'a jamais été aussi criante, transformant chaque dossier de financement en un véritable parcours de combattant.

La géographie de la dette révèle des disparités abyssales qui redessinent les stratégies d'investissement. Si le Cameroun consolide sa position de havre financier grâce à une baisse de ses taux débiteurs moyens, le Gabon et la Guinée équatoriale restent prisonniers de conditions prohibitives, dépassant souvent les 15 %. Cette cherté de l'argent est particulièrement punitive pour les PME, dont le taux moyen a grimpé à 11,05 %, là où les grandes entreprises parviennent à capter des liquidités à 9,24 %. Pour l'emprunteur, le TEG reste une notion complexe : le taux nominal ne représente en moyenne que 73 % du coût réel, le reste étant absorbé par les frais de dossier, l'assurance et diverses commissions qui viennent alourdir une facture déjà salée pour les entrepreneurs locaux.

Au-delà du coût, c'est la structure même du financement qui trahit une économie en quête de souffle. En 2026, plus de 85 % des crédits octroyés demeurent cantonnés au court terme, confirmant l'incapacité du système bancaire à se projeter vers des financements de long terme indispensables à l'industrialisation. Malgré une enveloppe globale de 2 600,7 milliards de FCFA injectée vers les entreprises, la prudence reste de mise. Le recul du nombre de prêts accordés signale une sélection drastique des risques. Pour les observateurs de la BEAC, ce reflux de la distribution de crédit, couplé à une préférence marquée pour la liquidité immédiate, impose une réflexion urgente sur la profondeur du marché financier régional afin que la baisse des taux constatée au Cameroun ne soit pas qu'une simple exception dans un océan de restrictions monétaires.


Bernardo

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