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Dévaluation du franc CFA : Yvon Sana Bangui rassure

Dernière mise à jours il y'a 2 heures

Face à une vague de spéculations sur un ajustement brutal de la parité monétaire, Yvon Sana Bangui, Gouverneur de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), a opposé un démenti catégorique. Dans un contexte où les marchés et les ménages de la zone CEMAC scrutaient avec anxiété les signaux de Yaoundé, la banque centrale a réaffirmé que le franc CFA demeure ancré sur des fondamentaux solides.

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Malgré un environnement pétrolier en contraction et une érosion des réserves de change, l’institut d’émission refuse de céder à la panique, rappelant que la stabilité des prix et la convertibilité totale de la monnaie restent les gardiens inamovibles de la croissance régionale, rendant tout scénario de dévaluation à la fois infondé et économiquement injustifié.

Au cœur des inquiétudes se trouve la courbe descendante des avoirs extérieurs. Les projections de la BEAC pour la fin d'année 2025 indiquent un repli des réserves à 6 377,3 milliards de FCFA, ramenant la couverture des importations à 4,2 mois, contre 4,9 mois l'année précédente. Si cette contraction est réelle, elle demeure bien au-dessus du seuil de vulnérabilité, soutenue par une inflation qui, à 2,2 % en 2025, reste l’une des plus maîtrisées du continent. Pour sanctuariser ce matelas de devises, la banque centrale a déjà activé ses leviers de défense : resserrement des conditions de crédit, durcissement de la politique monétaire et injonctions répétées aux États pour une discipline budgétaire accrue. L’enjeu en 2026 est de compenser le recul de 7,5 % des recettes extractives par un dynamisme renouvelé des secteurs non-pétroliers, afin de porter la croissance régionale vers les 4,6 % attendus par le Gouverneur.

La mémoire collective de la sous-région reste marquée par le traumatisme de janvier 1994, où le franc CFA avait perdu la moitié de sa valeur pour corriger une surévaluation asphyxiante. Cependant, la configuration de 2026 est radicalement différente : le taux de couverture extérieure de la monnaie se maintient à des niveaux confortables et le mécanisme de coopération monétaire avec la France continue d'agir comme un stabilisateur automatique. En balayant d'un revers de main ces "fake news" financières, la BEAC cherche avant tout à prévenir les comportements de stockage de devises et la spéculation sur les prix qui pourraient alimenter une inflation artificielle. Pour les six pays de la communauté, le salut ne viendra pas d'un changement de parité, mais d'une accélération des réformes structurelles capables de transformer la stabilité monétaire actuelle en un véritable levier de prospérité durable.


BCN

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