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Loi de finances 2026 : La taxe à l'exportation du clinker et du marbre fixée à 10%

Dernière mise à jours il y'a 2 heures

Le Cameroun n'envisage plus de laisser filer ses richesses minérales brutes chez ses voisins alors que ses propres usines crient a la pénurie. En ce 21 janvier 2026, la circulaire d’exécution du budget, signée par le ministre des Finances Louis Paul Motazé, marque un coup d'arrêt à une évasion de ressources jugée désormais inadmissible.

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Par un prélèvement spécial de 10 % de la valeur sortie-usine frappant l'exportation du marbre et du clinker, l'État camerounais érige une barrière fiscale destinée à forcer le destin industriel national. Cette mesure de substitution aux importations n'est pas qu'une simple taxe de plus ; c'est un dispositif coercitif visant à briser le paradoxe d'un pays qui exporte ses matières premières vers le Tchad ou le Nigeria tout en épuisant ses devises pour importer ces mêmes composants depuis l'étranger pour ses propres cimenteries.

Le cas de la localité de Figuil, dans le Nord, illustre parfaitement l'absurdité du schéma que le gouvernement entend déconstruire en 2026. Si l'unité de Cimencam vient d'y augmenter ses capacités pour produire 1 000 tonnes de clinker par jour, et que la société historique Chaux Roca y extrait du marbre depuis 1946, une part de ces volumes s'évaporait jusqu'ici hors des frontières. En instaurant cette taxe de 10 %, Yaoundé vise directement les cimentiers locaux qui, faute d'une offre nationale sécurisée, continuent d'importer massivement du clinker étranger, répercutant ainsi les coûts logistiques et monétaires sur le prix du sac de ciment au consommateur final. Le message est limpide : les incitations fiscales et douanières accordées à la production locale doivent désormais servir exclusivement la consommation intérieure et la stabilité des prix du bâtiment.

En filigrane, cette restriction des exportations minérales signale l'avènement d'une économie de guerre contre le déficit commercial. En 2026, le gouvernement ne se contente plus d'encourager la transformation locale ; il la rend impérative. Le marbre, joyau architectural dont le Cameroun importe encore des volumes considérables, doit désormais subir sa première et seconde transformation sur le sol national pour générer de la valeur ajoutée et des emplois. En verrouillant ainsi les sorties de territoire pour les ressources "stratégiques", Yaoundé espère réduire drastiquement la facture des importations industrielles, faisant du sous-sol camerounais le premier fournisseur de son propre développement infrastructurel, loin des tentations de l'exportation brute à faible profit.


Bernardo

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