Commerce extérieur : Les recettes d'exportation filent du mauvais coton
Dernière mise à jours il y'a 2 heuresLe verdict du ministère des Finances est sans appel : le coton camerounais, jadis fleuron de la balance commerciale, traverse une zone de turbulences extrêmes.
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La production de fibre s'est littéralement désintégrée au deuxième trimestre 2025, affichant un recul abyssal de 75,9 % par rapport au premier et ceci sous l'effet dévastateur d'inondations hors normes ayant submergé les bassins de production et paralysé l'accès aux usines d'égrenage. Ce choc de volume, qui a limité la production du premier semestre à seulement 88 071 tonnes, vient percuter de plein fouet une conjoncture mondiale atone, privant les caisses de l'État d'une précieuse manne financière au moment même où la filière tentait de consolider sa souveraineté industrielle.
L'analyse des flux financiers souligne l'ampleur du manque à gagner. Sur les six premiers mois de l'année 2025, les ventes de coton brut à l'international n'ont rapporté que 82,8 milliards de FCFA, contre 101,9 milliards de FCFA un an plus tôt. Cette érosion de 19 milliards de FCFA s'explique par un effet de ciseaux délétère : aux pénuries de récoltes locales s'est ajoutée une baisse annuelle des prix mondiaux de 9,5 %. Malgré une légère remontée technique du cours à 1,72 dollar le kilogramme (environ 957 FCFA/kg) fin juin, la pression exercée par la reprise de l'offre au Brésil et aux États-Unis, couplée à une demande chinoise et européenne en berne, a maintenu les revenus d'exportation sous l'éteignoir. En 2026, les prévisions restent prudentes avec une baisse moyenne des cours attendue de 9,1 %, forçant les acteurs camerounais à une discipline budgétaire rigoureuse.
Face à cette vulnérabilité désormais structurelle, la Société de développement du coton (Sodecoton) a décidé de passer à l'offensive technologique. Un accord-cadre stratégique de cinq ans a été ratifié avec l’Observatoire national sur les changements climatiques (Onacc) pour sanctuariser la production future. Ce partenariat vise à doter les 220 000 producteurs de bulletins météo de précision et de variétés de semences résistantes aux excès hydriques. L'objectif est clair : briser la fatalité climatique pour stabiliser l'offre primaire. En ce premier trimestre 2026, l'urgence n'est plus seulement de récolter, mais de construire un bouclier scientifique capable de protéger la filière contre les crues imprévisibles du Logone et du Chari, garantissant ainsi que le coton demeure un levier de résilience pour l'économie nationale.
BCN
Floyd Miles
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