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Affaire SNH-IBC : Loin du bout du tunnel

Dernière mise à jours il y'a 2 heures

L'agonie d'International Business Corporation (IBC) S.A. illustre un paradoxe temporel au cœur de la zone industrielle de Douala. Alors que le Cameroun de 2026 mise sur l'import-substitution pour transformer son acier local, ce dossier, vieux de quatorze ans, continue de hanter les registres de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH).

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Le rapport d’activité de la compagnie pétrolière, consulté en ce mois de janvier 2026, est sans équivoque : la liquidation judiciaire suit son cours, immuable. Ce qui devait être le bras armé de la chaudronnerie lourde camerounaise n'est plus qu'un enchevêtrement de contentieux non soldés, un vestige d'ambition industrielle broyé par une rupture brutale entre l'État actionnaire et les fondateurs historiques.

La genèse de ce naufrage remonte à l'année 2012, pivot d'un basculement de gouvernance qui a tourné à un affront. La SNH, détentrice de 61 % du capital, avait alors évincé le PDG fondateur, Léopold Ekwa Ngallé, pointant une accumulation de pertes abyssales et l'impossibilité de recouvrer les fonds injectés. Si la Cour Commune de Justice et d'Arbitrage (CCJA) de l’Ohada a définitivement validé cette reprise en main en 2014  condamnant même IBC à reverser 2,1 milliards de FCFA à la SNH, le volet pénal reste une plaie ouverte. Saisi dès octobre 2012 pour des soupçons de détournements de deniers publics, le Tribunal Criminel Spécial (TCS) maintient l'instruction sous silence en 2026, gelant par la même occasion toute tentative de réhabilitation de l'outil de production.

Ce blocage n'est pas qu'un simple imbroglio juridique ; il prive le secteur pétrolier et gazier camerounais d'une capacité de transformation métallique locale pourtant jugée cruciale. La stratégie de diversification de la SNH, qui visait à créer une chaîne de valeur autour de ses métiers de base, se heurte ici à un passif que personne ne semble pouvoir  (ou vouloir)  apurer. En ce début d'année 2026, l'ombre d'IBC rappelle aux investisseurs que sans une sortie de crise rapide et transparente, les fleurons industriels peuvent se transformer en boulets budgétaires permanents, laissant des infrastructures de pointe à la merci de la rouille et de l'oubli administratif.


BCN

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