Projets Routiers : Le lourd tribut pour les Finances Publiques
Dernière mise à jours il y'a 5 moisAu Cameroun, l'ambition de moderniser le réseau routier est au cœur des politiques de développement. Les projets, souvent perçus comme un passage obligatoire pour la croissance économique, semblent être un goulot d’étranglement pour les caisses de l’Etat.
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L'impact positif des infrastructures routières sur le développement n'est plus à démontrer. Des routes de qualité sont un facteur essentiel de productivité. Selon plusieurs études, un réseau routier amélioré au Cameroun peut entraîner une réduction des coûts de transport de 20 à 30 %. Cette baisse profite directement aux entreprises et aux consommateurs. Pour les agriculteurs, une meilleure connexion aux marchés urbains peut augmenter leurs revenus de 15 % en réduisant les pertes post-récolte et en leur permettant de vendre leurs produits plus rapidement.
Ces projets ont aussi un effet direct sur l'emploi. La construction de routes génère des emplois, même si la plupart sont temporaires. En outre, elles favorisent le commerce interrégional dont le volume peut croître de 25 % en facilitant la circulation des biens et des personnes. À l'échelle locale, l'accès routier encourage l'installation de petites entreprises, de services et contribue au désenclavement de zones isolées, ouvrant ainsi la voie à une meilleure intégration économique du territoire.
Malgré ces retombées positives, les projets routiers représentent un défi important pour les finances de l'État. Leur coût d'exécution est élevé. On estime que la construction d'un kilomètre de route bitumée au Cameroun coûte en moyenne entre 300 et 500 millions de FCFA, soit un investissement initial conséquent. Les financements, souvent issus de prêts internationaux, contribuent à alourdir la dette publique, qui représente aujourd'hui plus de 40 % du PIB national. Le problème ne s'arrête pas à la construction. Le manque de maintenance est une préoccupation majeure. Faute d'un budget d'entretien suffisant et régulier (estimé à moins de 0,5 % du coût de construction), de nombreuses routes se dégradent rapidement, parfois en moins de 5 ans. Cette dégradation prématurée entraîne de nouveaux travaux coûteux et un gaspillage des ressources publiques. À cela s'ajoutent des problèmes de transparence dans l'attribution des marchés et l'exécution des travaux, pouvant augmenter les coûts des projets de 15 à 25 %.
Il est clair que la construction de routes est nécessaire au développement du Cameroun. Cependant, l'enjeu n'est plus seulement de construire, mais de construire de manière plus efficace et durable. Une approche équilibrée impliquerait une sélection plus rigoureuse des projets, en privilégiant ceux qui ont le plus grand impact socio-économique, et une gestion plus transparente des fonds. Surtout, il est indispensable de mettre en place une véritable politique de maintenance. Allouer au moins 1 % du coût initial des projets à leur entretien annuel permettrait d'allonger la durée de vie des routes et d'assurer une utilisation optimale des investissements. Sans cela, les routes camerounaises continueront d'être un moteur dont le coût de fonctionnement finit par être bien supérieur aux bénéfices qu'il génère.
BERNARDO CARLOS NDJOMO
Floyd Miles
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