Mobilité climatique : La menace pèse sur 5 % d'africains d'ici 2050
Dernière mise à jours il y'a 4 moisLe continent africain, qui ne contribue qu'à 4 % aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, se prépare à payer un lourd tribut aux effets des changements climatiques. Le Centre for Science and Environment (CSE), un think tank indien axé sur le développement durable, a publié le 18 septembre 2025 un rapport intitulé « State of Africa's Environment 2025 : Africa and Climate Change » qui projette une hausse significative de la mobilité humaine forcée.
Lire aussi : Gabon : Le projet de mine de fer de Baniaka entre dans une phase décisive
Selon cette étude, jusqu'à 5 % de la population totale du continent pourrait être contrainte de se déplacer d'ici 2050, en raison des effets du changement climatique, contre 1,5 % actuellement. Cette mobilité climatique désigne le déplacement temporaire ou définitif de personnes dont la vie est en danger suite à des catastrophes naturelles ou aux conséquences du dérèglement, qu'il s'agisse de déplacés internes (l'écrasante majorité des cas prévus) ou de migrants climatiques. Les données chiffrées du CSE révèlent que le phénomène est déjà en pleine accélération. Le nombre de déplacements dus à des catastrophes naturelles ou des événements climatiques extrêmes est passé de 1,1 million en 2009 à 6,3 millions en 2023.
Les inondations, qui affectent toutes les régions du continent, ont été à l’origine de plus de 75 % des déplacements durant les quinze dernières années. Les sécheresses, un phénomène à évolution plus lente, ont contribué à hauteur de 11 % à ces mouvements forcés. Certains pays seront plus touchés que d'autres. L'étude indique que les pays membres de l'IGAD (Afrique de l'Est), confrontés à la fois aux inondations (69 % des déplacements) et aux sécheresses, pourraient voir jusqu'à 10,5 % de leur population se déplacer d'ici 2050. L'Afrique de l'Ouest est particulièrement vulnérable aux inondations, qui y ont représenté 99 % des déplacements liés aux catastrophes dans la sous-région. Ces déplacements provoquent des conséquences dévastatrices pour les populations, allant de la destruction des habitations et de la perte des récoltes aux pénuries d'eau potable et à la multiplication des risques sanitaires.
Au-delà des mouvements de populations, le changement climatique hypothèque directement l'économie agricole et la santé publique en Afrique. La baisse des rendements agricoles est une menace tangible. Un réchauffement de 2°C exposerait plus de 50 % de la population au risque de sous-alimentation. Avec une agriculture pluviale qui représente 70 % de l'activité, les projections sont sombres : les rendements du maïs pourraient diminuer de 22 % en Afrique subsaharienne, tandis que la production de blé chuterait de près de 35 % en Afrique du Nord.
Fait marquant pour les filières d'exportation, les zones adaptées à la culture du cacao pourraient se déplacer significativement de la Côte d'Ivoire et du Ghana (qui représentent plus de 60 % de la production mondiale) vers des pays situés plus à l'Est comme le Nigéria et le Cameroun. Le continent est confronté à une hausse de l'incidence des maladies « sensibles au climat ». Le changement climatique aggrave notamment la transmission du paludisme, avec une augmentation de 14 % du nombre de mois propices à sa transmission dans les régions montagneuses d'Afrique. D'ici 2030, 147 à 171 millions d'Africains supplémentaires pourraient être exposés au risque de contracter le paludisme. La propagation de l'espèce invasive Anopheles stephensi, adaptée à la vie urbaine et détectée dans huit États de l'Union africaine, constitue une menace particulière pour les grandes villes et les centres économiques où la transmission du paludisme était traditionnellement faible.
BCN
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Articles similaires
Floyd Miles
Actually, now that I try out the links on my message, above, none of them take me to the secure site. Only my shortcut on my desktop, which I created years ago.