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Made in China : Les marchés africains sous saturation

Dernière mise à jours il y'a 12 heures

Le vent de l'Est souffle avec une force qui bouscule les équilibres précaires du continent. L’heure est au réalisme froid : le repli protectionniste des États-Unis sous l'administration Trump a créé un effet de vase communicant dévastateur pour les industries africaines. Selon le rapport de veille stratégique « Watchlist 2026 » publié par le cabinet Oxford Economics, la Chine, privée de ses débouchés outre-Atlantique, redirige ses excédents manufacturiers vers l'Afrique à des prix défiant toute concurrence locale.

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Ce n'est plus une simple opportunité commerciale pour les consommateurs, mais une onde de choc qui menace de transformer le continent en un vaste déversoir de surcapacités asiatiques, au risque de sacrifier les embryons d'industrialisation portés par la Stratégie Nationale de Développement camerounaise et ses équivalents régionaux.

L'ampleur du déséquilibre donne le vertige. Au cours des huit premiers mois de 2025, l'excédent commercial de Pékin avec l'Afrique a bondi de 77 % pour atteindre 60 milliards de dollars. Derrière ce chiffre se cache une réalité asymétrique brutale : 90 % des envois africains vers l'empire du Milieu restent cantonnés aux matières premières brutes, tandis que 50 % des importations en provenance de Chine sont des produits finis à haute valeur ajoutée. Si la promesse faite en juin 2025 par Pékin de supprimer les droits de douane pour 53 pays africains visait à rééquilibrer la balance, les barrières non tarifaires et les exigences normatives draconiennes maintiennent les exportateurs africains dans une impasse. En 2026, le "Made in China" ne se contente plus de dominer le marché ; il sature les circuits de distribution, rendant les investissements nationaux dans le secteur manufacturier de moins en moins viables.

Face à ce péril, l'année 2026 s'annonce comme celle de la riposte réglementaire. Oxford Economics anticipe une multiplication des enquêtes antidumping et l'instauration de quotas d'importation progressifs par les gouvernements africains. Cependant, la marge de manœuvre est étroite : Pékin demeure le premier créancier et investisseur en infrastructures du continent. Plutôt qu'un affrontement douanier frontal, la solution pourrait venir d'un renforcement de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF). En érigeant des barrières communes et en favorisant les zones économiques spéciales, l'Afrique cherche à négocier d'une seule voix pour exiger que la coopération sino-africaine ne soit plus un tunnel à sens unique, mais un véritable levier de co-industrialisation où la transformation locale devient la condition sine qua non de l'accès au marché.


Bernardo

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