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Climat : 2025, troisième année la plus chaude

Dernière mise à jours il y'a 13 heures

La planète bleue s'enfonce dans une spirale thermique dont elle semble ne plus pouvoir s'extraire. L'observatoire européen Copernicus a rendu un verdict implacable : l'année 2025 s'adjuge la troisième place des années les plus chaudes jamais documentées, s'insérant dans un trio de tête complété par 2024 et 2023.

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Ce podium, loin d'être un simple palmarès météorologique, témoigne d'une accélération brutale du dérèglement : avec une température moyenne de 14,97 °C, soit 1,47 °C de plus que les niveaux préindustriels, l'exercice écoulé a flirté dangereusement avec la limite fatidique de 1,5 °C fixée par l'Accord de Paris. Plus alarmant encore, cette surchauffe s'est produite malgré l'installation de La Niña, un phénomène de refroidissement naturel qui, d'ordinaire, offre un répit aux thermomètres mondiaux, mais qui s'est révélé cette fois impuissant face à l'accumulation sans précédent des gaz à effet de serre.

Cette trilogie de records (2023-2025) marque un tournant psychologique et scientifique. Pour la première fois, la moyenne glissante sur trois ans a franchi le seuil des 1,5 °C, signifiant que le "dépassement" n'est plus une hypothèse, mais une réalité quotidienne. Les océans, véritables régulateurs thermiques, ont eux aussi atteint des sommets de chaleur, absorbant une énergie équivalente à une dizaine de bombes atomiques par seconde. Ce stockage massif de calories alimente désormais des catastrophes en chaîne : des vagues de chaleur marine extrêmes en Méditerranée aux inondations diluviennes qui ont ravagé le Nigeria et le Mozambique. L'année 2025 a prouvé que même les puits naturels de carbone, comme les forêts du bassin du Congo, commencent à saturent, perdant leur capacité à éponger le trop-plein de CO2 rejeté par les activités industrielles et les feux de forêt de plus en plus incontrôlables.

Face à ce péril imminent, le déficit de financement de l'adaptation devient le nouveau front de la géopolitique mondiale. Le rapport "Adaptation Gap 2025" du PNUE souligne une déconnexion suicidaire entre les besoins des nations en développement  (estimés à plus de 300 milliards de dollars par an d'ici 2035) et les fonds réellement mobilisés par les pays industrialisés. En Afrique, où le réchauffement est deux fois plus rapide que la moyenne mondiale, le coût de l'inaction se mesure déjà en points de PIB perdus et en millions de déplacés climatiques. En 2026, l'enjeu ne consiste plus seulement à atténuer les émissions, mais à construire d'urgence une résilience systémique. Sans une solidarité financière massive pour restaurer les mangroves et introduire des cultures résistantes à la canicule, la trajectoire actuelle nous condamne à franchir la barre des 1,5 °C de manière permanente avant 2030, soit dix ans plus tôt que les prévisions les plus sombres.


Bernardo

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