Développement Local : La BAD soutient la région de l’Extrême-Nord
Dernière mise à jours il y'a 6 moisLa Banque Africaine de Développement (BAD) a approuvé un prêt de 95 milliards FCFA, une enveloppe financière qui est au cœur d’une politique de développement pour la région de l’Extrême-Nord.
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En effet, le 31 juillet 2025, le président de la République a signé un décret habilitant le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire à contracter ce financement. Ce dernier est destiné à la mise en œuvre du programme « Bâtir les capacités et les compétences pour l’employabilité et l’entrepreneuriat dans la région de l’Extrême-Nord » (CAP2E), une initiative qui se veut une réponse aux défis structurels de l'économie locale.
L'injection de ce capital se fonde sur une compréhension fine de l'économie de l’Extrême-Nord, telle que la révèle le 3ᵉ Recensement général des entreprises (RGE-3) de l’Institut National de la Statistique. La région abrite 15 689 entreprises sur un total national de 430 011, ce qui représente une part modeste mais significative du tissu économique du pays. L'analyse des données montre une économie très peu formalisée, majoritairement composée de Très petites entreprises (TPE), qui comptent pour 13 854 entités. Les Petites entreprises (1 287), les Moyennes entreprises (114) et les Grandes entreprises (7) sont minoritaires.
Cette structure, dominée à 85,3 % par le secteur tertiaire, indique une économie de services à faible valeur ajoutée, peu industrialisée et sujette à une forte vulnérabilité. Le prêt de la BAD, d'un montant équivalent à 136 millions d’euros, n’est donc pas qu’une simple transaction financière. Il s'agit d'une démarche conçue pour cibler précisément ces faiblesses, en injectant des ressources dans une économie à faible densité capitalistique pour y générer un effet de levier.
Le programme CAP2E se présente comme un plan de développement sur cinq ans, avec un coût total de 102,5 milliards FCFA, complété par une contribution de 7,5 milliards FCFA de l’État camerounais. Les objectifs quantitatifs du programme sont d'accompagner la population locale en lui fournissant les outils nécessaires pour son développement. Le projet a pour ambition de créer au moins 15 000 emplois directs et indirects. Au-delà de ce chiffre, l'objectif est de générer des emplois stables, qui offrent un revenu décent. Le nom même du programme, axé sur les « capacités et compétences », souligne l'importance accordée à la formation et au développement des savoir-faire. L'idée est de doter la main-d'œuvre locale des aptitudes requises pour les activités modernes, réduisant ainsi le chômage structurel et favorisant l'entrepreneuriat des jeunes et des femmes.
Pour transformer ce tissu économique fragile, le financement est dirigé vers les secteurs qui ont le plus grand potentiel. Le programme CAP2E va soutenir l’agriculture, l’élevage, la pêche et l’artisanat. L'appui ne se limitera pas à un soutien financier, mais couvrira également l'amélioration des chaînes de valeur, la modernisation des techniques de production et le renforcement des mécanismes d'accès aux marchés pour les produits locaux.
La volonté est de faire de ces secteurs des moteurs de croissance capables de générer de la valeur ajoutée sur place. En ciblant 60 000 bénéficiaires directs, le programme s'assure d'une portée sociale concrète. La prise en compte du fait que 40 % de ces bénéficiaires seront des femmes est un indicateur de la volonté d'assurer une croissance inclusive. L'investissement dans le secteur privé de l'Extrême-Nord est ainsi un levier d'amélioration des conditions de vie, qui s’inscrit dans une optique de résilience face aux multiples défis de la région.
Bernardo NDJOMO
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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