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Recouvrement des recettes : L'Etat prévoit de collecter 58 millions de FCFA dans les activités en milieu carcéral

Dernière mise à jours il y'a 11 heures

L'administration fiscale camerounaise explore de nouveaux gisements de revenus non fiscaux pour soutenir l'effort budgétaire de l'exercice 2026. Parmi les réformes phares introduites dans la loi de finances promulguée fin décembre 2025 par le Président de la République, Paul Biya, figure une restructuration profonde du cadre financier lié à l'administration pénitentiaire.

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 Le texte prévoit désormais une collecte de recettes estimée à 58 millions de FCFA minimum, issue de la revalorisation de la main-d'œuvre pénale et de la production carcérale. Cette décision marque une rupture avec une tarification restée statique depuis 1988, jugée obsolète par les autorités au regard de l'évolution du coût de la vie et des enjeux de modernisation du système judiciaire.

Le mécanisme de cession de la main-d'œuvre, qui permet à des particuliers, des entreprises ou des services publics de solliciter des détenus pour des travaux temporaires, se voit désormais encadré par des tarifs révisés à la hausse. Pour chaque journée de travail, les bénéficiaires devront s'acquitter de 1 000 FCFA pour un manœuvre et 1 500 FCFA pour un technicien, auxquels s'ajoutent des frais d'alimentation de 500 FCFA et des frais d'encadrement par le personnel d'escorte fixés à 1 000 FCFA. La répartition des sommes perçues obéit à une règle de solidarité et de prévoyance : deux tiers sont reversés au Trésor public, tandis que le tiers restant est crédité au compte du détenu sous forme de pécule, afin de faciliter sa réinsertion socio-économique à l'issue de sa période d'incarcération.

Au-delà de la simple prestation de services, Yaoundé mise sur la valorisation économique de la production au sein même des établissements pénitentiaires. Les activités d'agriculture, d'élevage, de menuiserie, de couture et d'artisanat sont désormais officiellement reconnues comme des sources de recettes budgétisées. Cette institutionnalisation de la production pénitentiaire vise à transformer les prisons en véritables pôles de productivité, capables de contribuer à l'autonomie alimentaire du milieu carcéral tout en générant des surplus financiers pour l'État. Bien que le mécanisme précis de prélèvement sur ces activités génératrices de revenus reste à clarifier par des textes d'application, la volonté gouvernementale de diversifier les ressources non fiscales est clairement affirmée dans un contexte de forte pression sur les dépenses de fonctionnement.

Cette réforme fiscale s'étend également au volet de la formation avec l'introduction de frais de stage et d'apprentissage à l'École nationale de l'administration pénitentiaire (ENAP). Cette mesure cible tant les élèves et stagiaires que les candidats issus d'autres administrations ou de pays étrangers, consolidant ainsi le statut de l'ENAP comme centre d'excellence régional. En intégrant ces dispositions dans la loi de finances 2026, l'État camerounais cherche à rationaliser la gestion de son patrimoine humain carcéral. Cette approche, qui mêle impératifs budgétaires et objectifs de réhabilitation par le travail, s'inscrit dans une dynamique de réformation de la justice visant à réduire le coût de la détention pour la collectivité nationale tout en valorisant le savoir-faire des populations carcérales.


BCN

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