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MINES : LE SECTEUR EN EMERGENCE

Dernière mise à jours il y'a 7 mois

Le Cameroun, appelé l'Afrique en miniature pour sa diversité géographique et climatique, est également doté d'un sous-sol au potentiel minier considérable et largement sous-exploité.

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Alors que le pays cherche à diversifier son économie au-delà du pétrole et du bois, le secteur minier émerge comme un pilier stratégique capable de générer des milliards de dollars de revenus et des millions d'emplois. L'état des lieux actuel et la feuille de route des grands projets révèlent des ambitions fortes, mais aussi des défis complexes à surmonter avant une pleine exploitation.

Actuellement, la contribution du secteur extractif (pétrole, gaz et mines) au PIB nominal du Cameroun a été d'environ 2,2% en 2020, en baisse par rapport à 3,94% en 2019, et celle des mines non pétrolières est encore marginale, estimée à moins de 1% du PIB. Cependant, le sous-sol camerounais recèle des réserves importantes de fer, de bauxite, de cobalt, de nickel, d'or, de diamant et d'uranium, dont la valorisation pourrait transformer radicalement les perspectives économiques du pays.

Plusieurs projets miniers majeurs sont en cours de développement, chacun avec un potentiel d'impact significatif. Situé dans la région de l'Est, le gisement de Mbalam (Cameroun) et Nabeba (Congo) est considéré comme l'un des plus grands au monde. Les ressources de Mbalam sont estimées à plus de 1,2 milliard de tonnes de minerai de fer avec des teneurs élevées.

Ce projet structurant prévoit la production et l'exportation de 35 millions de tonnes par an de minerai de fer de haute qualité (DSO). Il est intégré, nécessitant la construction d'une voie ferrée de plus de 500 km reliant la mine au port en eau profonde de Kribi, ainsi qu'un terminal minéralier dédié. Le coût total du projet était initialement estimé à environ 3,5 milliards de dollars USD. Après des retards et des changements de prestataires, des avancées sont en cours sur le terrain avec des travaux préparatoires. Le défi du financement et de la réalisation de l'infrastructure ferroviaire reste la clé. Bien que des dates précises de première production aient été reportées à plusieurs reprises, les récentes annonces du Ministère des Mines suggèrent une accélération. Les premières exportations de fer, notamment du gisement voisin de Grand Zambi, devaient débuter en juin 2025, marquant une étape importante dans l'exploitation du fer camerounais. Le projet Mbalam vise une mise en production effective à moyen terme, potentiellement vers 2028-2030.

Les gisements de bauxite de Minim Martap et Ngaoundal dans la région de l'Adamaoua sont parmi les plus importants au monde. Les réserves sont estimées à plus de 700 millions de tonnes, avec un potentiel d'atteindre 2 milliards de tonnes après des études complémentaires. La convention signée avec la société Camalco (filiale de Canyon Resources) vise l'exploitation industrielle. Le projet prévoit une production annuelle de 5 à 10 millions de tonnes de bauxite. Un investissement estimatif de 5 à 6 milliards de dollars USD est nécessaire pour le développement de la mine, la construction d'un chemin de fer dédié (environ 130 km) et les infrastructures associées. Récemment, Canyon Resources a acquis 9,1% des parts de Camrail (opérateur ferroviaire camerounais) pour 1,4 milliard de F CFA pour faciliter le transport de la bauxite. La finalisation des études de faisabilité et la mobilisation des financements sont en cours. Une mise en production à grande échelle est envisagée d'ici 2027-2030, avec des premières phases d'exploitation potentiellement plus tôt.

 Situé près de Lomié dans la région de l'Est, le gisement de Nkamouna est un des plus importants gisements de latérites cobalto-nickélifères au monde. Les réserves sont estimées à 68 millions de tonnes avec des teneurs moyennes de 0,26% de cobalt, 0,66% de nickel et 1,48% de manganèse. Projet, porté par Geovic Cameroun, a une convention minière signée et un permis d'exploitation depuis 2003. La production annuelle envisagée est de 4 160 tonnes de cobalt, 3 280 tonnes de nickel et 45 000 tonnes de manganèse. Le coût du projet était initialement évalué à 400 millions de dollars USD. Malgré des progrès sur la construction de la mine, des défis techniques liés au traitement du minerai et à la mobilisation des capitaux ont ralenti le processus.

L'or est exploité de manière artisanale dans plusieurs régions, notamment l'Est. Le Cameroun a sécurisé 640 Kg d'or en 2024 pour ses réserves stratégiques, en forte augmentation par rapport aux années précédentes. Cependant, une grande partie de la production échappe encore au circuit formel (on estime que 90% de l'or produit artisanalement ne serait pas déclaré). Le projet d'or de Colomine, avec des réserves estimées à 500 000 tonnes de minerai et 1 867,42 kg d'or métal, vise une production industrielle de 50 kg d'or en lingot par mois (soit 600 kg/an). La Sonamines (Société Nationale des Mines) œuvre à formaliser le secteur artisanal et semi-mécanisé.

Le Cameroun a enregistré une production de diamant de 6 219,8 carats en 2024, doublant sa production en un an, signe d'une intensification de l'activité.


Bernardo Carlos NDJOMO

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