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Mines : L'État Camerounais reprend la main

Dernière mise à jours il y'a 6 mois

Dans une décision qui redéfinit le futur de son secteur minier, l'État camerounais a annoncé la reprise du contrôle direct du gisement stratégique de Nkamouna-Lomié, riche en cobalt, nickel et manganèse.

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Cette action fait suite à l'éviction de Phoenix Mining, filiale de l'entreprise américaine Geovic Mining, et marque une volonté ferme de Yaoundé de maximiser les retombées de ses ressources naturelles au profit du développement de ce secteur phare de l’économie. Le gisement de Nkamouna-Lomié, situé dans la région de l'Est du Cameroun à environ 400 km de Yaoundé, est l'une des plus grandes réserves de cobalt au monde. Il est estimé contenir des réserves prouvées et probables de 68,1 millions de tonnes (Mt), avec des teneurs moyennes de 0,26% de cobalt, 0,66% de nickel et 1,48% de manganèse. Les études de faisabilité précédentes prévoyaient une durée de vie de la mine d'environ 23 ans, avec une production annuelle moyenne de 13,5 millions de livres (Mlb) de cobalt, 7,25 Mlb de nickel et 138 Mlb de carbonate de manganèse durant les 11 premières années.


L'État camerounais a justifié cette reprise par les retards accumulés par Phoenix Mining (précédemment connue sous le nom de Geovic Cameroon) dans la mise en exploitation du gisement, malgré un permis d'exploitation détenu depuis plusieurs années, le projet étant en gestation depuis plus de 18 ans. Cette inertie a privé le Cameroun de revenus potentiels substantiels, alors que la demande mondiale pour ces métaux, cruciaux pour l'industrie des batteries (notamment pour les véhicules électriques), est en forte croissance. Le marché mondial du nickel-cobalt-manganèse pour les batteries a été estimé à 30,5 milliards USD en 2024 et devrait atteindre 123,4 milliards USD d'ici 2034, avec un TCAC de 14,8%.


La décision de Yaoundé envoie un message fort aux investisseurs miniers : la souveraineté nationale sur les ressources minérales est une priorité. Conformément à la nouvelle loi minière camerounaise (Loi N° 2023/014 du 19 décembre 2023), l'État possède la propriété exclusive des substances minérales de son sol et sous-sol. La nouvelle loi prévoit une participation minimale obligatoire et gratuite de l'État de 10% dans le capital des sociétés minières d'exploitation industrielle, avec la possibilité d'augmenter cette participation à 25% ou plus par acquisition. Cette reprise de Nkamouna-Lomié va au-delà de ces pourcentages et marque une intervention directe.


En écartant un acteur jugé défaillant, l'État ouvre la voie à de nouveaux partenariats, potentiellement avec des entreprises ayant des capacités techniques et financières plus robustes. Le coût de développement initial d'une mine de cette envergure, incluant les infrastructures de transformation, est estimé à plusieurs centaines de millions de dollars USD (une étude de faisabilité de 2011 l'estimait à 615 millions USD, soit environ 350 milliards de F CFA).


BERNARDO CARLOS NDJOMO

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