Guinée Équatoriale : L'interdiction des exportations de grumes plombe l'activité
Dernière mise à jours il y'a 3 moisL’application de la réglementation nationale interdisant la sortie du territoire du bois brut est en train de restructurer durement le marché équato-guinéen. Sous l'effet de cette nouvelle disposition, les exportations globales de bois en Guinée Équatoriale ont chuté de 20 %.
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Cette contreperformance économique initiale est le résultat d'une volonté politique claire : cesser l'exportation des grumes pour favoriser la transformation locale des ressources forestières et, par conséquent, augmenter la valeur ajoutée et créer des emplois sur place.
Bien que la baisse des volumes soit considérable, elle s'inscrit dans la logique de la nouvelle législation. En effet, l'ambition de la Guinée Équatoriale, à l'instar des autres pays de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), est de mettre fin à l'exportation du bois non transformé. Une décision collective qui, au niveau de la CEMAC, est officiellement projetée pour 2028, mais que chaque État membre est encouragé à mettre en œuvre progressivement. Il est important de rappeler que la Guinée Équatoriale exportait une grande majorité de sa production de bois brut (souvent autour de 80 %), composée majoritairement d'okoumé. Historiquement, le pays avait déjà mis en place des mesures restrictives, y compris une interdiction officielle de l’exportation de grumes dès 2007, même si son effectivité laissait à désirer selon certaines analyses de l'époque.
La forte dépendance aux recettes générées par l'exportation des grumes explique la brutalité de cette contraction des volumes échangés. Pour de nombreux États africains, y compris ceux riches en pétrole comme la Guinée Équatoriale, la fiscalité forestière sur le bois rond représente une source de revenus fiscale facile et immédiate à laquelle il est difficile de renoncer. La réussite de cette politique dépendra de la capacité des opérateurs à investir massivement et rapidement dans des unités de transformation (scieries, déroulage, placage, etc.) pour compenser la perte de recettes par l'exportation de produits finis ou semi-finis à plus forte valeur. Des sources récentes indiquent d'ailleurs que, malgré la baisse de la production de bois brut en 2024, les exportations globales de bois transformé (planches, notamment) montraient une nette augmentation (plus de 30 % dans certains cas), signalant que la transition industrielle est bel et bien amorcée, même si elle génère des turbulences initiales sur les volumes totaux. L'enjeu principal demeure désormais l'accompagnement des entreprises locales et internationales installées dans le pays, afin de leur donner les moyens d'assurer cette mutation et de s'adapter à la demande internationale pour le bois travaillé.
Bernardo
bernardo carlos ndjomo
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Floyd Miles
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