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Dette Publique : 631,1 milliards de FCFA rembousés au 1er semestre

Dernière mise à jours il y'a 6 mois

Le Cameroun a liquidé ce montant de sa dette au premier semestre 2025, une enveloppe qui correspond à 40 % de la prévision annuelle fixée par la loi de finances.

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Cette performance, détaillée par la Caisse autonome d'amortissement (CAA), révèle une dynamique budgétaire précise : l'État a nettement privilégié ses obligations envers l'international. Un examen des chiffres montre que les remboursements extérieurs ont absorbé 76 % de cette somme totale. Cette orientation budgétaire met en lumière la complexité de la gestion financière du pays, prise entre la nécessité de maintenir sa crédibilité sur la scène mondiale et les impératifs de financement de son économie interne.

L'enveloppe de 631,3 milliards de FCFA allouée au service de la dette s'est articulée autour de deux composantes principales : 489,9 milliards de FCFA pour le remboursement du principal des emprunts et 141,4 milliards de FCFA pour le paiement des intérêts et commissions. Cette répartition indique que l'effort de l'État s'est concentré sur la réduction de l'encours de la dette elle-même, au-delà du simple règlement des coûts de l'emprunt.

Cette dynamique se manifeste par une augmentation notable des décaissements pour les créanciers étrangers. Les remboursements extérieurs ont atteint 476,4 milliards de FCFA, soit une hausse de 34,3 % par rapport à la même période l'année précédente. L'importance de ce bond financier ne peut être sous-estimée. Il signale une volonté délibérée de l'État de protéger sa notation de crédit et d'entretenir ses relations avec ses principaux bailleurs de fonds, qu'ils soient des institutions multilatérales comme le FMI et la Banque mondiale ou des partenaires bilatéraux. Le respect de ces échéances est une condition primordiale pour continuer à accéder à de nouveaux emprunts sur les marchés internationaux à des conditions favorables, une nécessité pour le financement de nombreux projets de développement.

En revanche, le service de la dette intérieure a suivi une trajectoire inverse. Il a enregistré un repli de 42,3 %, se fixant à 154,9 milliards de FCFA sur un an. Ce choix budgétaire a pour conséquence directe de réduire la part des flux financiers de l'État vers le marché local. Les créanciers domestiques, principalement les banques et les investisseurs en titres publics, se retrouvent avec des remboursements moindres, ce qui peut affecter leur liquidité et freiner leurs propres capacités d'investissement.

Ce déséquilibre se reflète également dans la gestion des obligations envers les prestataires et fournisseurs de l'État. L'encours des "restes à payer", bien qu'en baisse de 19,4 % par rapport à l'année précédente, s'établit toujours à 485,4 milliards de FCFA à fin juin 2025. Ces arriérés de paiement, malgré leur réduction, continuent de peser sur le tissu économique local, créant des difficultés de trésorerie pour les entreprises privées et affectant leur viabilité.

Le défi qui se présente pour le reste de l'année est de taille. Pour atteindre ses cibles, l'État doit mobiliser environ 1 223 milliards de FCFA au second semestre, un montant bien plus élevé que celui décaissé au cours des six premiers mois. Cette situation est rendue plus complexe par le fait que la dette extérieure est libellée en devises étrangères, exposant ainsi le budget national à des risques de change. Toute dépréciation du franc CFA pourrait renchérir le coût des remboursements, rendant la tâche encore plus ardue. Le gouvernement est donc contraint de naviguer entre le maintien de ses engagements financiers internationaux et l'urgence de soutenir l'économie nationale.

Les chiffres du premier semestre éclairent un exercice d'équilibriste permanent. La gestion de la dette pour le reste de l'année sera déterminante, et l'État devra faire preuve d'une discipline budgétaire rigoureuse pour trouver un juste milieu entre ses obligations internationales et les besoins pressants de ses créanciers domestiques.



BERNARDO Carlos NDJOMO

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