Carburants : Le GPP dénonce une exclusion sur la répartition des quotas d'importation
Dernière mise à jours il y'a 2 moisLe secteur pétrolier camerounais est confronté à un bras de fer latent qui menace la stabilité de l'approvisionnement national. Au cœur de cette crise de régulation, se trouve la répartition des quotas d’importation de carburants. Le Groupement des professionnels du pétrole (GPP), qui rassemble les distributeurs historiques et contrôle la majorité du marché, a lancé un ultimatum en dénonçant une mise à l'écart jugée inacceptable au profit de nouveaux opérateurs.
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Selon des sources proches du ministère de l’Eau et de l’Énergie, le GPP (qui inclut des acteurs majeurs comme TotalEnergies, Tradex, Neptunes Oil, Ola Energy, Gulfcam et Corlay Cameroun) a pris une décision forte : à compter du 1ᵉʳ novembre 2025, ses membres envisagent de ne plus acheter de produits auprès des importateurs extérieurs au Groupement.
Cette action est la conséquence directe d'une profonde disproportion dans l'attribution des quotas d'importation de super et de diesel. Dans une correspondance adressée début octobre à la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH) et au Comité ad hoc des importations, le GPP a dénoncé « l’exclusion » de ses membres au profit d'« importateurs opportunistes ». Le groupement, qui contrôle une part écrasante du marché (environ 73 % du Super et 78 % du Gasoil), affirme avoir été complètement écarté de l’importation d’essence Super pendant les cinq derniers mois de 2025 et ne détenir qu'une part infime des volumes de gasoil (3,62 %). Les distributeurs historiques, qui exploitent près de 600 stations-service, estiment que leur poids économique et la densité de leur réseau de distribution devraient leur garantir un traitement beaucoup plus équitable.
La tension actuelle trouve ses racines dans la décision de libéralisation des importations prise par le gouvernement en décembre 2023. Cette réforme visait à fluidifier l'approvisionnement après l’incendie de la raffinerie de la Sonara en 2019, en ouvrant le marché à de nouveaux opérateurs « techniquement et financièrement aptes ». Si cette ouverture était initialement perçue comme une avancée pour mieux connaître les niveaux de prime des traders internationaux, dans la pratique, elle a engendré des frictions. Le GPP accuse ces nouveaux importateurs, souvent peu implantés localement, de ralentir la distribution et de monopoliser les infrastructures de stockage. De plus, les distributeurs rappellent qu'ils sont en première ligne pour garantir la continuité de l’approvisionnement, même lorsque les cours mondiaux induisent des pertes substantielles, l’État tardant souvent à compenser le différentiel entre le prix réel d'achat et le prix administré à la pompe (subvention).
Le GPP met en garde contre les risques de rupture d’approvisionnement ou de fortes tensions sur le marché, particulièrement dans le contexte critique de fin d’année. Le groupement plaide pour une répartition plus logique, demandant environ 75 % des volumes en adéquation avec leur part de marché. Face à la menace de boycott et aux risques de pénurie, le ministre de l’Eau et de l’Énergie aurait déjà saisi le directeur général de la CSPH pour entamer des discussions. L'équation à résoudre pour le gouvernement est complexe : trouver un équilibre entre l'ouverture du marché, le maintien d'une concurrence saine, et la garantie d'une distribution fiable, tout en assurant la sécurité énergétique du pays.
BCN
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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