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Blé : Le Cameroun et le Tchad relancent la production locale

Dernière mise à jours il y'a 3 heures

L’allègement de la dépendance céréalière extérieure s’inscrit désormais au cœur des priorités macroéconomiques en Afrique centrale, zone fortement exposée aux fluctuations des cours mondiaux des denrées de base. Face à une facture d'importation lourde, les gouvernements camerounais et tchadien déploient des stratégies d’investissement public complémentaires pour structurer des bassins de production nationaux.

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Yaoundé mise sur la mise en œuvre d'un plan d’action pluriannuel doté d’une enveloppe globale de 30,9 milliards de Francs CFA, tandis que N'Djamena réactive son potentiel agronomique historique à travers l'opérationnalisation du Centre national de spécialisation sur le blé (CNS-Blé). Les initiatives s’appuient sur l’introduction de variétés de semences améliorées, conçues en laboratoire pour résister aux contraintes thermiques locales.

La vulnérabilité des balances commerciales régionales transparaît dans le volume des flux céréaliers entrants. Les statistiques douanières répertorient un volume d'achat de 921 236 tonnes de blé par le Cameroun sur le marché international, représentant une sortie de devises évaluée à près de 219 millions de dollars. Pour inverser la tendance, la feuille de route validée le 24 juin 2026 prévoit l’aménagement à court terme de 4 500 hectares de terres arables. L'objectif technique vise la génération de 9 000 tonnes de semences certifiées afin d'atteindre un rendement commercial annuel cible de 180 000 tonnes de céréales au sein des bassins de production de l'Extrême-Nord, du Nord, de l'Adamaoua, de l'Ouest et du Nord-Ouest.

Du côté tchadien, la relance sectorielle vise à combler l'effondrement de l'appareil productif national, dont la récolte s'est repliée à un niveau plancher de 3 000 tonnes. Le pôle scientifique CNS-Blé intègre un réseau de recherche transfrontalier associant le Nigeria et le Sénégal, visant à restaurer le rendement des polders du lac Tchad qui approvisionnaient autrefois les industries meunières à hauteur de 10 000 tonnes de farine par an. La viabilité économique des projets d'Afrique centrale reste toutefois tributaire de lourdes subventions d'État pour compenser les coûts élevés de l'irrigation et l'importation des intrants chimiques, l’enjeu principal résidant dans la capacité de la farine locale à concurrencer les tarifs bas du blé importé.


Nlend Flore

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