BEAC : Un nouveau dispositif pour encadrer les transferts de devises
Dernière mise à jours il y'a 6 moisDans une démarche visant à renforcer la discipline monétaire dans la sous-région, la Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC) a récemment mis en place un nouveau dispositif pour encadrer les transferts de devises en dollars sortants.
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Cette mesure, officialisée par une décision du Comité de politique monétaire de la banque centrale, est une réponse directe à la nécessité de préserver les réserves de change de la zone CEMAC et, par extension, d'assurer la stabilité du franc CFA.
L'encadrement des transferts de dollars est une action mûrement réfléchie, motivée par un contexte économique délicat. Bien que les réserves de change de la CEMAC se soient maintenues à un niveau rassurant, aux alentours de 8 milliards de dollars au premier semestre 2025 (soit une couverture des importations d'un peu plus de 4 mois), elles ont subi une pression constante. La BEAC, dont l'un des objectifs clés est d'atteindre une couverture d'au moins 5 mois d'importations, cherche à colmater les fuites de capitaux. Le nouveau dispositif vise à s'attaquer aux transferts de devises qui ne correspondent pas à des opérations économiques légitimes, et qui ont pu représenter une ponction de plus de 6 % sur les réserves au cours du dernier exercice. En imposant un contrôle plus rigoureux, la banque centrale entend ainsi renforcer son mandat de défense de la parité du franc CFA face à l'euro.
Ce nouveau cadre réglementaire aura des répercussions directes et différenciées sur l'écosystème financier et économique de la sous-région. Les établissements bancaires sont les premiers concernés. Ils devront mettre à jour leurs systèmes de conformité et renforcer la formation de leurs équipes. L'obligation de justifier chaque transaction au-delà d'un certain seuil (notamment les transferts de plus de 10 000 dollars) impliquera une plus grande rigueur dans la collecte des documents et une vérification accrue de la finalité des fonds. Le processus de validation, qui peut concerner plus de 500 millions de dollars de transactions mensuelles à l'échelle de la sous-région, pourrait ainsi se voir rallongé. Les entreprises dépendant des transactions internationales, en particulier les importateurs, devront s'adapter. Si les transferts liés aux importations de biens de première nécessité devraient bénéficier d'un traitement prioritaire, d'autres types de transactions pourraient faire face à des délais plus longs et à une bureaucratie accrue. À terme, cette mesure devrait néanmoins contribuer à une plus grande stabilité macro-économique, permettant aux entreprises de bénéficier d'un environnement de change plus prévisible et moins volatile.
L’action de la BEAC, loin d'être un simple ajustement technique, est un signal clair de sa détermination à restaurer la discipline monétaire et à protéger le patrimoine financier de la CEMAC. La réussite de ce dispositif dépendra de sa mise en œuvre équilibrée, qui devra concilier la protection des réserves de change avec la fluidité des transactions internationales nécessaires à la vitalité de l'économie.
BERNARDO CARLOS NDJOMO
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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