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Afrique subsaharienne : comment faire face au mur de l'endettement ?

Dernière mise à jours il y'a 2 heures

L’évaluation de la solvabilité en Afrique subsaharienne met à nu une tragédie structurelle que le jargon feutré des institutions financières ne peut plus dissimuler. Constater que dans quatre pays sur cinq, le volume des intérêts versés aux créanciers extérieurs dépasse désormais les enveloppes budgétaires cumulées allouées à la santé et à l'éducation constitue une anomalie économique majeure. Quel avenir se prépare à l'échelle continentale si les salles de classe et les hôpitaux sont systématiquement sacrifiés pour honorer les échéances des banques commerciales et des eurobonds ? Ce paradoxe d'un déficit primaire qui s'améliore pendant que les budgets sociaux étouffent prouve que les efforts de rigueur budgétaire interne servent principalement à sécuriser les circuits financiers internationaux.

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Ce mur d'amortissement de la dette, qui maintient près de la moitié des nations subsahariennes en situation de surendettement avéré ou à risque élevé, est la preuve par les faits de l'échec du modèle de financement extra-africain. L'augmentation géométrique des charges financières nettes neutralise systématiquement la richesse créée sur le continent. Le fait qu'une part excessive des recettes fiscales soit absorbée par le service de la dette extérieure consacre une forme d'abdication face aux marchés mondiaux. Un appareil d'État ne peut se contenter d'agir en simple collecteur d'impôts destiné à rassurer les agences de notation, alors que les populations locales restent privées des infrastructures de base les plus élémentaires.

Le bien-fondé d'une véritable sécurité économique impose de rompre définitivement avec la dépendance aux capitaux spéculatifs extérieurs. Attendre une concession ou une restructuration de la part des bailleurs de fonds multilatéraux est une illusion qui perpétue la vulnérabilité générale. Le salut des économies réside exclusivement dans la réorientation radicale des politiques de financement. Il convient de mobiliser l'épargne locale, de densifier les marchés de capitaux régionaux et de conditionner tout nouvel engagement à des projets industriels directement générateurs de valeur ajoutée. L'endettement n'est tolérable que s'il finance la production, jamais lorsqu'il sert à rembourser les erreurs du passé.

Le moment est venu de substituer la logique du refinancement permanent par celle de la responsabilité historique envers les générations futures. L'Afrique subsaharienne ne peut plus lier sa stabilité sociale et la paix civile aux exigences des créanciers. En érigeant la préservation du capital humain par l'éducation et la santé  en priorité absolue et non négociable, les gouvernements poseront les fondements d'une croissance autonome. C'est par cette discipline financière interne et ce refus de l'asphyxie programmée que les États parviendront à briser les chaînes de la dépendance pour enfin sanctuariser le droit à la prospérité.


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Bonne lecture !


EWC, DP

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bernardo carlos ndjomo
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