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Sahel : l'économie sous l'épée de la crise hydrique

Dernière mise à jours il y'a 2 heures

L'avancée du désert et l'irrégularité des cycles pluviométriques dans la bande subsaharienne ont muté en variables macroéconomiques lourdes, perturbant l'équilibre des lois de finances nationales. La dégradation climatique dépasse dorénavant une simple crise environnementale car elle agit comme un choc fiscal direct. Les prévisions de la Banque mondiale indiquent que, sans réformes structurelles majeures de gestion de l'eau, les pertes de produit intérieur brut (PIB) liées au stress hydrique atteindront 6 % à 11 % dans la région du Sahel d'ici 2050. Face à la contraction des revenus agricoles nationaux, les ministères des Finances subissent une double contrainte à savoir le tarissement des recettes fiscales intérieures issues du secteur primaire et l’obligation d’allouer des ressources budgétaires d'urgence pour stabiliser les équilibres sociaux.

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L'érosion des facteurs de production ruraux oblige les États à réorienter les dépenses d’investissement public vers des subventions de soutien à la consommation et des importations massives de denrées. La Banque africaine de développement évalue à plus de 5 milliards de dollars par an le coût économique direct de la sécheresse pour l’ensemble des pays subsahéliens. Au niveau des budgets nationaux, la nécessité de compenser le déficit de production céréalière entraîne une détérioration continue de la balance des paiements. Les subventions publiques destinées à maintenir le prix du blé, du riz et des engrais pèsent à hauteur de 2 % à 3,5 % du PIB des administrations sahéliennes, restreignant l'espace budgétaire nécessaire au financement des infrastructures structurantes comme la santé ou l'éducation.


La viabilité de la dette souveraine de la sous-région se trouve ainsi fragilisée par le coût du financement de l'adaptation climatique. Pour inverser le déclin de la productivité des terres, qui affecte déjà plus de 65 % des sols arables du Sahel selon la FAO, les besoins en capitaux pour restaurer l'écosystème agropastoral exigent un recours accru aux marchés financiers internationaux et aux guichets concessionnels. L'aggravation du risque pays, induit par l'insécurité alimentaire de plus de 30 millions de personnes en période de soudure, pousse les agences de notation à maintenir des perspectives prudentes sur les signatures sahéliennes. L'intégration du risque hydrique dans l'évaluation de la solvabilité des États augmente le coût marginal des emprunts obligataires, installant un cercle vicieux entre dégradation climatique et cherté du refinancement public.


REDACTION ALPHA ECO

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bernardo carlos ndjomo
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