UEMOA : 42 % de la dette sénégalaise détenue par les banques ivoiriennes
Dernière mise à jours il y'a 2 moisL'agence de notation S&P Global Ratings a récemment mis en lumière une interdépendance financière sans précédent au sein de l'Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA). Alors que la Côte d’Ivoire conserve sa notation souveraine ‘BB/B’ avec une perspective stable, S&P met en garde contre l'exposition croissante du secteur bancaire ivoirien à la dette publique du Sénégal, désormais dégradé à ‘CCC+’ en devises étrangères.
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Selon l'agence, les banques basées à Abidjan sont devenues les principaux acheteurs de titres publics émis par Dakar sur le marché financier régional. Le volume de titres sénégalais détenu ou porté par ces institutions a atteint 1 800 milliards FCFA (environ 3,18 milliards de dollars) en septembre 2025, soit près de 3,1 % du PIB ivoirien. Ce chiffre révèle que les banques ivoiriennes concentrent désormais 42 % des souscriptions à la dette sénégalaise sur le marché régional, un niveau qualifié d'inédit dans l'Union. Cette forte hausse est principalement expliquée par le rôle d'intermédiation joué par les institutions ivoiriennes, qui facilitent l'accès des investisseurs internationaux au marché obligataire de l'UEMOA.
Cette mise en garde intervient dans un contexte de crise de la dette majeure au Sénégal. La dégradation de la note souveraine sénégalaise par S&P est due à un endettement réévalué à 119 % du PIB, des besoins de financement records (atteignant 29 % du PIB en 2026) et des incertitudes autour des discussions avec le Fonds Monétaire International (FMI). Le Sénégal dépend désormais fortement du marché régional pour son refinancement, où les taux d'intérêt dépassent les 7 %. Malgré l'affirmation du Premier ministre Ousmane Sonko qu'aucune restructuration n'est envisagée, S&P estime que les conditions de financement pourraient se dégrader davantage sans accord rapide avec le FMI.
Pour l'heure, S&P estime que le risque de contagion sur la Côte d'Ivoire reste limité. Les banques ivoiriennes sont considérées comme plus solides et mieux capitalisées que la moyenne régionale. Leur ratio de solvabilité, établi à 16,3 % en juin 2025, excède largement le minimum requis par la BCEAO. La Côte d'Ivoire est beaucoup moins dépendante des investisseurs non-résidents (seulement 2 % de ses titres sont détenus par eux), bénéficiant d'un marché domestique profond. Le gouvernement ivoirien a mené une série d’opérations innovantes depuis 2024 (émission d'emprunts durables garantis par la Banque mondiale, rachat d'Eurobonds), permettant de contenir l'augmentation du coût de sa propre dette.
Malgré ces fondamentaux solides, la situation sénégalaise est qualifiée par S&P de "risque émergent pour l’Union". L'agence avertit qu'une perte de confiance durable dans la signature de Dakar pourrait accentuer les tensions de liquidité dans l’UEMOA et affecter indirectement les bilans des banques ivoiriennes, en dépit de leur forte capitalisation. La perspective stable de la Côte d'Ivoire reste toutefois soutenue par une croissance économique vigoureuse (anticipée à 6,5 % en moyenne sur 2025-2028), la continuité des politiques gouvernementales et la forte dynamique des secteurs porteurs tels que le cacao, l'or et les hydrocarbures.
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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