Trésorerie : Le Cameroun peine à collecter ses recettes
Dernière mise à jours il y'a 2 moisL'exécution du budget de l'État du Cameroun, arrêtée au 30 juin 2025, révèle une trajectoire contrastée. Le rapport publié par le Ministère des Finances (MINFI) indique que l’État a mobilisé 3 240 milliards de FCFA à la mi-année, ce qui représente 44,3 % de l'objectif annuel initial fixé à 7 317,3 milliards de FCFA. Si l'exécution est jugée globalement maîtrisée , la difficulté à collecter la totalité des recettes et la lenteur des investissements publics restent des points de vulnérabilité majeurs.
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Sur le montant total mobilisé, le budget général concentre la majorité des fonds, soit 3 197,9 milliards de FCFA. La mobilisation des ressources du budget général affiche une légère augmentation par rapport à la même période en 2024, mais elle demeure insuffisante pour assurer la pleine couverture des prévisions.
Recettes Non Pétrolières constituent la principale source de financement, totalisant 2 112,1 milliards de FCFA. Ces revenus sont principalement soutenus par la fiscalité intérieure, qui s'élève à 1 956,8 milliards de FCFA, dont 1 410,7 milliards proviennent des impôts et taxes. Les droits de douane contribuent pour 546,1 milliards de FCFA. En ce qui concerne les recettes pétrolières, la baisse des cours du brut et le déclin de la production nationale se font sentir, les recettes pétrolières atteignant seulement 304,4 milliards de FCFA, contre 348,9 milliards de FCFA un an plus tôt. Les emprunts mobilisés s'établissent à 731,9 milliards de FCFA. Cependant, le montant effectivement destiné au financement des projets d’investissement (232,9 milliards de FCFA) est jugé insuffisant par le Ministère des Finances. Côté dépenses, l'exécution s’élève à 3 282,7 milliards de FCFA, soit 44,9 % de la prévision annuelle, traduisant une quasi-parité avec le taux de mobilisation des recettes. Les dépenses courantes dominent, atteignant 1 701 milliards de FCFA, principalement absorbées par les charges de personnel et les dépenses de fonctionnement.
Le point le plus faible demeure l'exécution des dépenses d'investissement. Elles restent limitées à 432,7 milliards de FCFA. Ce niveau faible est expliqué par les autorités par les retards dans la passation des marchés publics, des difficultés dans les applications budgétaires, et une mobilisation limitée des contrôleurs financiers. Par ailleurs, la charge du service de la dette publique pèse lourdement sur la trésorerie, atteignant 1 137,4 milliards de FCFA à la fin du premier semestre. Elle représente désormais 34,6 % des dépenses totales, marquant une progression notable par rapport à l'exercice précédent.
Le rapport du MINFI identifie clairement plusieurs vulnérabilités : l'exécution insuffisante des investissements publics, des tensions de trésorerie persistantes, une dépendance marquée aux financements extérieurs et la lenteur du décaissement des prêts projets. Pour la seconde moitié de l'année, le Ministère recommande de façon urgente d'améliorer la mobilisation des recettes, de renforcer l'efficacité de la dépense publique et d'ajuster le rythme global des dépenses afin de respecter les équilibres macroéconomiques prévus pour 2025.
bernardo carlos ndjomo
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Floyd Miles
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