Transparence tarifaire : Camair-Co lance un ultimatum de conformité à 70 agences de voyages agréées
Dernière mise à jours il y'a 1 joursLa compagnie aérienne nationale camerounaise engage une épreuve de force avec son réseau de distribution pour endiguer les dérives commerciales. Par un communiqué officiel publié le 2 juin 2026, la Direction générale de Camair-Co a envoyé un ultime avertissement à des agences de voyages agréées, opérant sur le territoire national et dans la sous-région.
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Des audits internes menés sur les systèmes de réservation ont mis à nu des distorsions tarifaires systématiques, caractérisées par l'omission volontaire du coût réel du transport sur les reçus délivrés aux clients. Le pavillon national exige une mise en conformité réglementaire immédiate, brandissant la menace d'une rupture d'agrément et d'une déconnexion technique sans préavis pour tout intermédiaire qui persisterait dans ces pratiques opaques préjudiciables aux droits des passagers.
Cette opération d'assainissement commercial intervient au moment où le transporteur camerounais fait face à une intensification inédite de la concurrence sur ses liaisons régionales vers Libreville, Bangui, Brazzaville, Cotonou et N'Djamena. La rentrée opérationnelle de Royal Airways Tchad sur le segment Douala-N'Djamena et le retour offensif de la compagnie congolaise ECAir privent Camair-Co de son exclusivité historique sur ces lignes d'Afrique centrale et de l'Ouest. Dans ce contexte de guerre des prix, la fidélisation de la clientèle et la transparence des grilles tarifaires constituent des variables de compétitivité critiques pour préserver les revenus d'exploitation du groupe face à des rivaux techniquement agressifs.
Le redressement de la relation client s'entrechoque toutefois avec de lourdes contraintes industrielles au niveau de l'outil de production. Le plan de vol de la compagnie repose théoriquement sur une flotte nominale de 10 appareils, incluant notamment un Boeing 767-300ER, deux Boeing 737-700 NG, deux Dash Q-400 et trois Embraer ERJ-135. Dans les faits, l'immobilisation prolongée de plusieurs vecteurs pour des raisons de maintenance technique ou en attente de réaffectation budgétaire paralyse une partie des capacités de transport. Cette rupture de charge technique oblige l'entreprise à recourir de manière récurrente à des contrats d'affrètement tiers, une solution d'urgence coûteuse qui grève les finances publiques alors que le management tente de négocier un plan d'expansion de 94 milliards de francs CFA auprès de la Banque de développement des États de l'Afrique centrale.
Nlend Flore
Floyd Miles
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