Secteur Bancaire : Les créances douteuses menacent la stabilité de la zone Cemac
Dernière mise à jours il y'a 1 moisLe système financier de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) est confronté à une érosion de la qualité de ses actifs de prêt.
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Le rapport annuel 2024 de la Commission Bancaire d’Afrique Centrale (COBAC) révèle une situation tendue, marquée par une augmentation significative de l'encours des créances douteuses (CD), qui atteint désormais 1 536 milliards de FCFA pour l'ensemble de la zone, soit une progression de 6,3 % sur douze mois. Ce phénomène, exacerbé par la situation au Cameroun et au Gabon, pose une sérieuse hypothèque sur la solidité des établissements de crédit.
Les créances douteuses désignent les prêts bancaires, qu'ils soient garantis ou non, pour lesquels la probabilité de non-remboursement total ou partiel est jugée élevée. Bien qu'elles représentent légèrement moins (75,9 %) de l'agrégat des créances en souffrance qu'un an auparavant, elles demeurent le principal facteur de dégradation des portefeuilles dans la CEMAC. L'augmentation de ce fardeau contraint les banques à opérer des provisions massives, ce qui réduit mécaniquement leurs fonds propres disponibles pour l'octroi de nouveaux crédits et pénalise leur performance globale.
L'étude des variations nationales met en lumière l'inégalité de cette détérioration, avec des pics préoccupants dans les deux locomotives régionales. Le Gabon affiche la plus forte envolée, enregistrant un bond de 31,4 % du volume des créances douteuses, une hausse qui surpasse largement la croissance moyenne des créances en souffrance de toute la zone. Le Cameroun n'est pas épargné par cette tendance, enregistrant une progression de 14,5 %, un chiffre qui, bien que plus modéré, illustre une fragilisation de la solvabilité de ses emprunteurs. À l'inverse, plusieurs pays montrent une résilience ou une amélioration notable, avec un recul des CD observé au Tchad (-11 %), en Guinée Équatoriale (-5,4 %) et en République Centrafricaine (-15,1 %).
La concentration du risque reflète la structure du marché du crédit. Le Cameroun et le Gabon dominent l'activité d'octroi de prêts de façon écrasante. Entre juillet et septembre 2024, les établissements de ces deux pays ont octroyé 80 % du volume global des nouveaux crédits de la CEMAC. Le Cameroun concentre à lui seul 34 % du réseau bancaire de la sous-région, avec 19 établissements, et a représenté 67,45 % du total des nouveaux crédits distribués. Le Gabon, malgré seulement huit banques, a généré 12,60 % de ces nouveaux crédits. Cette suprématie sur le marché du crédit les expose inévitablement et proportionnellement au risque de non-remboursement, tirant vers le haut l'agrégat de la dette en souffrance.
La Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC) impute l'augmentation des créances impayées à des causes multiples, agissant sur le plan structurel et conjoncturel. Sur le plan structurel, l'institution déplore une défaillance dans la gestion des risques et la gouvernance au sein des établissements. Les banques sont accusées de privilégier l'expansion commerciale au détriment d'une analyse plus rigoureuse de la capacité de remboursement des emprunteurs. Sur le plan conjoncturel, l'instabilité découle de la fragilisation des finances publiques et des baisses d'activité. L'accumulation d'arriérés de paiement de l'État aux prestataires publics est un facteur clé : ces entreprises, en difficulté de trésorerie, se trouvent incapables d'honorer leurs propres dettes bancaires. Cet effet domino se propage alors, alimentant la spirale des créances douteuses dans l'ensemble de la région.
BCN
bernardo carlos ndjomo
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Floyd Miles
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