Routes communales : Dans le dur...
Dernière mise à jours il y'a 6 moisLa politique de décentralisation au Cameroun, pierre angulaire de l'autonomie locale et du développement territorial, continue de se heurter à un défi de taille en matière d'infrastructures routières.
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Un constat accablant révèle qu'en dépit du transfert de 208 milliards de F CFA aux communes sur les sept dernières années (2018-2024), une proportion alarmante de 81% des routes communales demeure dans un état de dégradation avancé. Ce paradoxe soulève des interrogations pressantes sur l'efficience des dépenses publiques locales et les capacités de mise en œuvre.
Le Cameroun s'est résolument engagé dans un processus de décentralisation, concrétisé par l'adoption de la loi de 2019 portant Code Général des Collectivités Territoriales Décentralisées. L'objectif est de conférer aux 360 communes du pays une autonomie accrue et des compétences élargies, notamment dans la gestion des infrastructures locales. Les transferts de ressources financières de l'État central vers les communes, principalement via le Fonds Spécial d'Équipement et d'Intervention Intercommunale (FEICOM), sont censés leur procurer les moyens nécessaires. Le réseau routier national du Cameroun s'étend sur environ 120 000 km. Sur ce total, seulement 8 000 km (soit 6,7%) sont bitumés, tandis que le reste est constitué de pistes rurales et communales non revêtues. Le réseau routier communal à lui seul est estimé à plus de 90 000 km. Le constat que 81% de ce réseau communal est en mauvais état signifie que plus de 72 900 km de routes vitales sont impraticables ou très difficilement praticables.
Les 208 milliards de F CFA transférés aux communes sur la période 2018-2024 se sont répartis annuellement de manière variable, avec une moyenne d'environ 29,7 milliards de F CFA par an. Ces fonds sont destinés à financer des projets d'investissement, dont une part prépondérante devrait être allouée à l'entretien et à la construction de routes communales. Cependant, l'inspection révèle que la majorité de ces infrastructures est caractérisée par des nids-de-poule profonds, une érosion avancée, un manque de drainage, rendant la circulation extrêmement difficile, surtout pendant la saison des pluies.
Plusieurs facteurs cumulatifs peuvent expliquer cette divergence significative entre l'investissement et le résultat. En effet, un défi majeur réside dans le manque de compétences techniques au niveau municipal. Seulement environ 30% des communes disposent de départements techniques avec des ingénieurs ou techniciens routiers qualifiés. Les études de faisabilité sont souvent sommaires, et la supervision des travaux manque de rigueur. On estime que le coût moyen de bitumage d'un kilomètre de route secondaire ou communale peut varier de 150 à 300 millions de F CFA, tandis que la réhabilitation d'un kilomètre de piste en terre peut coûter entre 10 et 50 millions de F CFA. Les fonds transférés, bien que non négligeables, sont souvent insuffisants pour une couverture efficace et durable de l'immense réseau.
BERNARDO Carlos NDJOMO
bernardo carlos ndjomo
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Floyd Miles
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