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Réglementation : 78,9% des Banques conforme

Dernière mise à jours il y'a 6 mois

Le secteur bancaire camerounais se trouve à un carrefour entre solidité réglementaire et fragilité de son portefeuille de prêts. Selon le dernier rapport du Comité de Stabilité Financière, 78,9 % des 19 banques commerciales du pays respectent l'ensemble des normes prudentielles imposées par la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC).

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Un indicateur rassurant, mais qui masque une réalité économique plus préoccupante : la dégradation continue des portefeuilles de crédits, qui pèse de plus en plus sur la rentabilité et l'avenir des établissements de crédit.

La conformité de la grande majorité des banques (soit 15 des 19 banques commerciales) aux exigences de la COBAC est un signal positif. Elle atteste de la bonne santé et de la résilience du secteur. Ces normes portent sur des indicateurs clés à savoir, le ratio de solvabilité, qui mesure la capacité d'une banque à couvrir ses risques, le ratio de liquidité, qui garantit que la banque peut faire face à ses engagements à court terme et le ratio de concentration des risques, qui limite l'exposition de la banque envers un seul acteur économique. En respectant ces ratios, les banques camerounaises démontrent qu'elles sont, pour la plupart, bien capitalisées et en mesure de résister aux chocs financiers. 

Malgré cette apparente solidité, la situation du portefeuille de crédits est une source de préoccupation grandissante. Le montant total des crédits bruts octroyés par les banques a atteint plus de 5 606 milliards de FCFA au premier semestre 2024. Cependant, un pourcentage alarmant de ces prêts est classé comme des créances en souffrance. Ce taux, qui a dépassé 17 % à la fin du premier trimestre 2025 pour l'ensemble de la zone CEMAC, est en constante augmentation. Pour le Cameroun, cela représente une part majeure des créances en souffrance régionales, avec un montant dépassant les 1 000 milliards de FCFA.

Cette situation est en grande partie due à une conjoncture économique difficile et à la fragilité de certains secteurs. En effet, les entreprises du secteur informel et les PME, qui ont reçu un financement de plus de 522 milliards de FCFA en 2024, ont particulièrement souffert. Les banques ont dû constituer des provisions importantes pour couvrir ces créances douteuses, ce qui a un impact direct sur leurs bénéfices.

Si les banques camerounaises sont aujourd'hui globalement conformes aux normes prudentielles, la dégradation de leurs portefeuilles de crédits constitue un risque latent. Le défi pour les régulateurs et les banques est de trouver un équilibre c’est-à-dire continué à financer l'économie, en particulier les PME qui sont des moteurs de croissance, tout en renforçant la gestion des risques


BCN

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bernardo carlos ndjomo
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