Actu Eco » Business and coorporation

Notation souveraine : S&P maintient le Congo dans la catégorie spéculative

Dernière mise à jours il y'a 1 jours

Le 30 janvier 2026, l’agence S&P Global Ratings a douché l’euphorie consécutive au retour fracassant du Congo sur les marchés internationaux, en confirmant la notation souveraine à « CCC+/C » avec une perspective stable.

Lire aussi : Développement numérique : Le Tchad se connecte au Cameroun

Certes, l’euro-obligation de 930 millions de dollars (environ 519,3 milliards de FCFA) émise fin 2025 a agi comme un défibrillateur sur une liquidité nationale exsangue depuis la fin du programme FMI en mars 2025. Mais ce ballon d’oxygène a un goût de soufre avec un rendement exigé par les investisseurs supérieur à 13 %, la confiance se paie au prix fort. Pour S&P, l’accès aux capitaux ne masque pas les tares d’une économie où la culture du remboursement reste encore trop volatile pour quitter les tréfonds de la catégorie spéculative.

Sur le papier, les efforts de désendettement portent pourtant quelques fruits. Le stock de la dette a amorcé une timide décrue, passant de 7 414,7 milliards de FCFA en 2024 à 7 229,6 milliards en 2025, ramenant le ratio public à 74,1 % du PIB. Cependant, cette amélioration comptable se heurte à une réalité structurelle brutale car  60 % de cet encours est domestique et niché dans un système bancaire local saturé de titres à court terme. Cette configuration piège les finances publiques dans un cycle infernal où le service de la dette siphonne 10 % de la richesse nationale et près de la moitié des recettes fiscales annuelles. L'accumulation persistante d'arriérés, représentant environ 9 % de la dette totale malgré les réformes de l'Office de gestion de la dette, trahit des tensions de trésorerie que même les excédents budgétaires peinent à apaiser.

L'horizon macroéconomique, bien qu'orienté vers une croissance moyenne de 3 %, demeure l'otage du secteur extractif. L'économie congolaise parie tout sur le gaz naturel liquéfié (GNL) pour stabiliser sa trajectoire. Les ambitions sont claires : le géant italien ENI cible 2,4 millions de tonnes de GNL cette année, tandis que Wing Wah projette de doubler sa mise pour atteindre 4,5 millions de tonnes à l'horizon 2027. Ces projets sont les nouveaux poumons d'une balance commerciale qui reste, par ailleurs, dramatiquement exposée car, les hydrocarbures génèrent encore jusqu'à 60 % des recettes publiques et 80 % des exportations. Cette "monoculture" énergétique constitue, selon les analystes de S&P, une épée de Damoclès permanente au-dessus de la notation souveraine en cas de retournement brutal des cours mondiaux.


Si le pays a réussi à écarter le spectre d'un défaut immédiat grâce à sa sortie obligataire, il n'a pas encore convaincu de sa capacité à transformer ses ressources naturelles en une résilience institutionnelle durable. Le maintien en catégorie « CCC+ » rappelle que pour Brazzaville, le véritable défi ne réside plus dans la capacité à emprunter, mais dans la volonté rigoureuse d'honorer ses engagements sans sacrifier son développement. La route vers la crédibilité financière internationale reste pavée d'incertitudes, et toute nouvelle accumulation d'impayés pourrait transformer ce sursis en une dégradation irrémédiable.


Ndjomo Carlos

bernardo2
bernardo carlos ndjomo
11 0

Commentaire(s) du post

Nous sommes ravis que vous souhaitiez laisser un commentaire sur notre site. Pour nous aider à maintenir un environnement respectueux et constructif, nous vous invitons à fournir votre nom, prénom et adresse e-mail. Cela permettra également de créer une communauté engagée et authentique. Nous apprécions votre contribution et nous avons hâte de lire votre commentaire. Merci d'avance!

Africa First Club

Inscrivez vous à notre Newsletter

© Africa First Club. All Rights Reserved. Design by Brice eyebe