Exportations de Cacao : Les États-Unis, premier client du Cameroun en 2024
Dernière mise à jours il y'a 1 joursLe marché américain est devenu le premier débouché pour la pâte de cacao Made in Cameroon , captant 37 % des recettes d'exportation de ce produit en 2024. Mais cette performance historique, portée par une industrialisation accélérée du secteur, fait face depuis peu à un virage protectionniste de Washington qui menace la rentabilité de la filière.
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Le Cameroun franchit une étape décisive dans sa stratégie de valorisation de l'or brun. Selon la note de conjoncture du Conseil national des chargeurs du Cameroun (CNCC), les États-Unis se sont hissés en 2024 au rang de premier pays de destination pour la pâte de cacao camerounaise. Avec 18 018 tonnes importées pour une valeur de 75 milliards de FCFA, le marché américain absorbe désormais un tiers des volumes exportés par le pays.
Cette percée n'est pas fortuite. Elle résulte de la montée en charge de la transformation locale, qui a atteint le niveau record de 109 431 tonnes lors de la campagne 2024-2025. L'arrivée de nouveaux broyeurs tels que Neo Industry, Atlantic Cocoa ou Africa Processing combinée à l'augmentation des capacités de transformateurs historiques comme SIC Cacaos (Barry Callebaut), a permis au Cameroun de devenir le 7ᵉ exportateur mondial de pâte de cacao. En 2024, les recettes globales générées par ce produit ont atteint 210 milliards de FCFA, portées par une envolée des cours mondiaux de plus de 123 %.
Malgré cette position de leader en volume, le marché américain pose un défi de rentabilité. Le CNCC relève un différentiel de rémunération notable par rapport à l'Europe : alors que les États-Unis achètent la pâte à un prix moyen pondéré, des destinations comme les Pays-Bas ou la Pologne offrent des tarifs supérieurs (environ 4 569 FCFA/kg). De plus, la concurrence reste rude sur le sol américain. Le Cameroun n'y est que le 4ᵉ fournisseur avec 8 % de parts de marché, loin derrière le trio de tête composé de la Côte d’Ivoire, du Canada et du Ghana.
Le succès de 2024 semble toutefois se heurter à un "mur" douanier depuis août 2025. L’instauration par les États-Unis de droits de douane réciproques de 15 % commence à peser lourdement sur les échanges. Les premiers chiffres sont éloquents : entre août et novembre 2025, les recettes d'exportation vers les États-Unis sont tombées à 34,6 milliards de FCFA, contre 43,1 milliards sur la même période en 2024.
Cette pression fiscale, conjuguée à une possible baisse des cours mondiaux liée à un retour de l'offre excédentaire, fait peser un double risque sur les transformateurs camerounais. La réduction des volumes (en baisse de près de 700 tonnes sur le dernier trimestre 2025) montre que le marché américain devient plus coûteux et moins attractif. Si les États-Unis restent un débouché stratégique de par sa taille, le durcissement des conditions commerciales pourrait contraindre les exportateurs camerounais à rediriger une partie de leur production vers des marchés européens plus rémunérateurs ou à explorer de nouveaux corridors de croissance en Asie.
Bernardo
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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