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Microfinance : Le secteur franchit la barre des 650 milliards de FCFA de crédits

Dernière mise à jours il y'a 1 jours

Pilier incontournable de l’inclusion financière, la microfinance camerounaise confirme sa suprématie dans la zone CEMAC. Avec 659,4 milliards de FCFA de crédits octroyés, le secteur affiche une vitalité exceptionnelle, portée par un assainissement rigoureux des 385 établissements autorisés à exercer en 2026.

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Le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, a récemment levé le voile sur la cartographie officielle de la microfinance pour l'exercice 2026. Au total, 385 Établissements de Microfinance (EMF) sont officiellement agréés sur l’étendue du territoire national. Si ce chiffre est en léger repli par rapport à 2024 (390 établissements), cette cure d'amincissement traduit une volonté ferme des autorités de sécuriser l'épargne publique et d'extirper les acteurs clandestins d'un secteur devenu névralgique.

Les chiffres publiés par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac) sont éloquents : avec 659,4 milliards de FCFA de crédits distribués en un an (soit une hausse de 41 milliards), le Cameroun capte à lui seul 57,6 % des parts de marché de la sous-région. La domination camerounaise est écrasante par rapport à ses voisins : l’encours de crédit y est trois fois supérieur à celui du Congo et six fois plus élevé qu’au Gabon. Cette performance s'explique par la densité du réseau (73,7 % des EMF de la zone CEMAC sont camerounais) et par la puissance du tissu industriel national, qui représente 40 % de celui de la sous-région, offrant ainsi une base de clientèle plus vaste et diversifiée.

Malgré cette croissance, le secteur traverse une phase de mutation profonde marquée par des restructurations et des mises sous administration provisoire. Loin d'être un signe de déclin, cette situation résulte d'un durcissement de la surveillance entamé en 2015. Le nouveau cadre réglementaire impose désormais des exigences strictes en matière de gouvernance, de contrôle interne et de gestion des risques. Cette rigueur accrue vise à prévenir les faillites liées aux conflits d'intérêts ou à l'amateurisme managérial, des maux qui ont longtemps terni l'image du secteur.

Dans les zones rurales où les banques classiques restent absentes, ces 385 établissements sont les seuls leviers permettant de financer l'agriculture et le petit commerce. L'assainissement en cours, bien que parfois douloureux pour certaines structures, est le prix à payer pour transformer ces institutions de proximité en partenaires financiers robustes et fiables. Pour les usagers, la liste publiée par le ministère des Finances constitue désormais la seule boussole fiable pour naviguer dans un secteur où la sécurité des dépôts est devenue la priorité absolue de l'État.


BCN

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bernardo carlos ndjomo
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