Notation financière : Nedbank avance à reculons
Dernière mise à jours il y'a 5 moisLa récente cession par le groupe sud-africain Nedbank de sa participation dans Ecobank Transnational Incorporated (ETI) laisse transparaître la difficulté pour les grandes banques d'obtenir une rentabilité satisfaisante en dehors de leurs marchés domestiques. Le point de vue de l'agence de notation Moody's, qui a qualifié cet investissement de peu rentable , révèle des enjeux financiers et stratégiques majeurs.
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Nedbank, qui détenait 21,2 % des parts d'ETI, a annoncé la vente de cette participation à Bosquet Investments Limited, le véhicule d'investissement du financier camerounais Alain Nkontchou. La transaction, évaluée à 1,8 milliard de rands (soit près de 102 millions de dollars), est considérée par Moody's comme une décision stratégique positive pour Nedbank. Elle permet à la banque de réallouer ses capitaux vers des marchés plus dynamiques. Cependant, cette cession marque la fin d'un investissement initial de 500 millions de dollars, qui, selon l'agence de notation, n'a pas généré les bénéfices escomptés.
L'analyse de Moody's est sans appel et identifie plusieurs facteurs qui ont rendu cet investissement peu rentable, transformant ce qui devait être une alliance stratégique en une simple cession. L'agence a souligné que l'environnement complexe et contraignant au Nigeria, où se concentre une large part des activités d'Ecobank, a considérablement pesé sur les performances de l'institution. Contrairement aux attentes, de nombreux clients sud-africains de Nedbank n'ont pas utilisé Ecobank comme un point d'accès au marché panafricain. Ce retrait progressif a contribué à l'absence de synergies tangibles entre les deux institutions, rendant l'investissement moins pertinent d'un point de vue commercial.
En dix ans, l'investissement n'a généré que 400 millions de rands (22,5 millions USD) de dividendes pour Nedbank, une somme infime comparée aux 6,9 milliards de rands (près de 388 millions USD) de pertes latentes subies par la banque. Cette situation financière préjudiciable, incluant 1,8 milliard en dépréciations, a rendu le bilan global de l'investissement très décevant.
La cession à Alain Nkontchou marque un nouveau chapitre pour Ecobank, qui se retrouve avec un actionnaire stratégique impliqué. Cette transaction renforce la présence d'acteurs africains dans le secteur bancaire panafricain. Pour Nedbank, cette sortie est une occasion de se concentrer sur des marchés plus rentables comme l'Afrique de l'Est et l'Afrique australe, et pour les investisseurs, elle rappelle que l'expansion sur le continent, si elle peut offrir un potentiel important, n'est pas sans risques. La décision de Moody's montre que l'évaluation des investissements doit être rigoureuse pour déterminer le véritable retour sur investissement à long terme.
Bernardo Carlos NDJOMO
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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