Nigeria : La modernisation du filière avicole comme vecteur de l'import-substitution
Dernière mise à jours il y'a 2 joursL'industrie avicole, pilier central de l'élevage national avec un cheptel dépassant les 800 millions de têtes, bascule dans une phase d'industrialisation lourde. Portée par le tout nouveau Plan directeur national de l'élevage (NLMP), cette mue stratégique ne se contente plus de vagues promesses, elle s'incarne désormais dans des infrastructures de pointe et des mégaprojets financiers.
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Entre l'inauguration d'unités de transformation robotisées dans l'État d'Ogun et le lancement de complexes agropastoraux géants à Kaduna, Abuja actionne tous les leviers pour convertir sa démographie galopante en une force de frappe agro-industrielle capable de saturer la demande locale et de tarir, enfin, les flux illégaux de volailles importées.
L'État d'Ogun, soutenu par le Projet de transformation économique (OGSTEP) de la Banque mondiale, vient de franchir un palier symbolique ce 15 janvier 2026 avec l'ouverture d'une unité de traitement capable d'absorber 1,3 million de volailles par an sur le site d'Ajegunle. Simultanément, l'État de Kaduna frappe encore plus fort en annonçant un investissement de 200 millions de dollars. Ce projet titanesque, développé en partenariat avec l'expertise technologique chinoise, ambitionne de générer 450 millions de dollars de revenus annuels et de créer 350 000 emplois. L'objectif est de transformer ces régions en hubs de l'agrobusiness moderne où la production d'œufs et de chair avicole répond aux standards internationaux, rendant caduc le recours à la contrebande, dont le volume est estimé par Olam Agri entre 150 et 200 millions de dollars chaque année.
Toutefois, cette montée en puissance industrielle se heurte à des défis structurels que le Plan quinquennal national tente de neutraliser par l'innovation. Le coût prohibitif des aliments pour bétail, dépendant du maïs et du soja, reste le principal goulet d'étranglement de la rentabilité. En 2026, le défi pour le ministère du Développement de l'élevage est de réussir l'intégration des petits producteurs dans ces chaînes de valeur modernisées. Grâce à une amélioration de la couverture vaccinale projetée pour réduire la mortalité de 65 % et une optimisation génétique des souches locales, le Nigeria espère accroître la productivité globale de 40 %. La réussite de cette transition ne se mesurera pas au montant des capitaux levés, mais à la capacité d'Abuja à stabiliser les prix à la consommation tout en garantissant une prospérité durable aux zones rurales, faisant de l'aviculture le véritable moteur de la croissance économique non pétrolière.
Ndjomo Carlos
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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