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Appel public à l'épargne : Le Cameroun veut mobiliser 150 milliards de FCFA

Dernière mise à jours il y'a 2 jours

L’administration financière de Yaoundé a levé le voile sur sa feuille de route boursière, confirmant son intention de mobiliser 150 milliards de FCFA, soit environ 268,5 millions de dollars via un emprunt obligataire par appel public à l'épargne.

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Cette opération, projetée à la Bourse des Valeurs Mobilières de l'Afrique Centrale (BVMAC), marque le retour de la locomotive économique régionale sur le compartiment des Obligations du Trésor (OT), un segment qu'elle n'avait plus sollicité depuis son expérimentation réussie des taux multiples en 2023. Pour l'État, ce recours à la place de Douala ne relève pas de la simple opportunité, mais d'une volonté farouche de transformer l'épargne communautaire en levier de croissance, au moment où la pression sur le marché monétaire de la BEAC impose une diversification chirurgicale des sources de financement.

L'enjeu de cette sortie boursière est double : boucler le financement des actions publiques inscrites au budget 2026 et désamorcer la bombe à retardement des « restes à payer ». Contrairement aux Bons du Trésor Assimilables (BTA) dédiés à la gestion de la liquidité immédiate, les obligations recherchées ici visent le temps long. Les fonds sont prioritairement fléchés vers l'accélération des chantiers hydroélectriques et la modernisation des infrastructures hospitalières, piliers de la SND30. Cependant, la concrétisation de cet appel public à l'épargne reste suspendue à la « météo » du marché financier. Les souvenirs de 2024, où une émission de 200 milliards avait été annulée face à un marché saturé et des taux prohibitifs, hantent encore les couloirs du Ministère des Finances. En 2026, la stratégie de Samuel Tela, Directeur de la Trésorerie, repose sur une lecture fine de la liquidité régionale pour éviter un renchérissement du coût de la dette.

Le Cameroun aborde cette échéance avec le statut de deuxième émetteur souverain de la zone, fort d'une cagnotte historique de 8 646 milliards de FCFA mobilisés sur les marchés de capitaux depuis 2010. Sur cette enveloppe, 1 206,2 milliards ont été captés directement à la BVMAC. Cette huitième opération obligataire, si elle est validée, pourrait à nouveau mobiliser le mécanisme des tranches multiples pour séduire un spectre large d'investisseurs, des fonds de pension aux particuliers en quête de placements sécurisés. En 2026, le défi pour Yaoundé est de prouver que sa signature, bien que concurrencée par les besoins croissants des États voisins comme le Gabon ou le Congo, demeure le placement refuge par excellence. La réussite de cet emprunt de 268 millions de dollars sera le baromètre de la confiance des investisseurs envers une économie camerounaise en quête permanente d'équilibre entre ambition industrielle et soutenabilité de la dette.


Bernardo

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bernardo carlos ndjomo
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