Extension du réseau Camtel : La BEAC donne sa caution au pool bancaire porteur du projet
Dernière mise à jours il y'a 2 joursL’opérateur historique Cameroon Telecommunications (Camtel) s’apprête à rompre l'isolement technologique de nombreuses localités grâce à une ingénierie financière qui dépoussière un instrument méconnu de la Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC) : le guichet B. En validant un refinancement de 31,3 milliards de FCFA (soit le plafond réglementaire de 60 % du coût total du projet), l'institut d'émission s'érige en moteur de l'investissement productif.
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Ce soutien massif, porté par un pool bancaire conduit par la Commercial Bank Cameroun (CBC), est assorti d'exigences de rentabilité drastiques, transformant l'extension des réseaux 2G, 3G et 4G en un véritable test de performance managériale pour l'opérateur public.
Le programme d’investissement, chiffré au total à 52,2 milliards de FCFA, cible prioritairement les capitales régionales, les zones universitaires et les grandes écoles. Pour débloquer ces ressources longues de sept ans, Camtel a dû satisfaire à des conditions de fer dictées par le Gouverneur Yvon Sana Bangui. L'entreprise a notamment été contrainte de porter son autofinancement de 11,2 à 20,9 milliards de FCFA, un effort de capitalisation de près de 10 milliards visant à assainir son ratio d'indépendance financière. En 2026, cette rigueur comptable s'accompagne d'un engagement écrit interdisant toute réallocation des fonds : chaque franc issu du guichet B doit impérativement financer le déploiement physique des infrastructures mobiles. Cette mutation forcée vers des standards de rentabilité d'au moins 15 % pour le résultat d'exploitation marque la fin de l'ère des subventions passives pour Camtel.
L’activation de ce guichet, resté longtemps en sommeil faute de sollicitations des banques commerciales, signale une nouvelle orientation de la politique monétaire en zone CEMAC. La BEAC entend adapter son dispositif pour qu'il devienne le pivot du financement des champions industriels locaux, à l'instar de Camtel ou de Bocom. Pour l'abonné camerounais, ce renforcement du réseau "Blue" est le préalable indispensable au lancement de services innovants comme le "Blue Money", prévu pour bousculer le duopole MTN-Orange au cours de l'exercice. En s'appuyant sur l'épargne domestique via le système bancaire sous-régional plutôt que sur des prêts extérieurs onéreux, le Cameroun pose les jalons d'une souveraineté numérique financée par ses propres leviers monétaires, faisant du guichet B l'arme secrète de la transformation structurelle du continent.
Ndjomo Carlos
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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