Nationalisation : L'État reprend le contrôle d'Eneo
Dernière mise à jours il y'a 2 moisLe Cameroun acte un changement majeur dans la gouvernance de son secteur électrique. L’État camerounais s'apprête à signer l'accord de vente qui permet la reprise des 51 % de parts détenues par le fonds britannique Actis dans Eneo (Energy of Cameroon), pour un montant de 78 milliards de FCFA. Cette transaction, dont la signature officielle est attendue ce mercredi, marque la sortie définitive d'Actis, arrivé dans le capital en 2014.
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La finalisation de la reprise de contrôle majoritaire d’Eneo, concessionnaire du service public de l'électricité, intervient après plus de deux ans de négociations. Un comité ministériel, réunissant notamment le Ministre des Finances, Louis Paul Motaze, et son homologue de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, est convoqué pour entériner l’accord. La signature doit intervenir à l'issue de cette séance de travail. L'opération sera formellement actée lors d’un conseil d’administration extraordinaire d’Eneo prévu dans l'après-midi. À l’issue de cette cession, l’État portera sa participation à 95 % du capital, les 5 % restants demeurant la propriété des employés de la société.
Les discussions entre Yaoundé (conseillé par des cabinets comme KPMG et Chazai Wamba) et Actis (conseillé par Financia Capital et Amadagana & Partners) ont été particulièrement complexes, en raison notamment du traitement des dettes croisées dans un secteur marqué par les créances réciproques. Le fonds exigeait le règlement préalable de ses créances, qui se chiffraient à 66,8 milliards de FCFA (pour les seules entités publiques) au 31 décembre 2023. De son côté, Yaoundé revendique une créance globale d’environ 328 milliards de FCFA sur l’opérateur.
Un autre point de friction majeur concernait un portefeuille de plus de 60 milliards de FCFA d’investissements réalisés par Eneo mais non validés par le régulateur (Arsel). Ce différend avait conduit Actis à saisir la Chambre de commerce internationale de Paris pour arbitrage en février 2025, avant l'aboutissement de cet accord à l'amiable. Le financement de l'opération, évalué à 78 milliards de FCFA, devrait être intégré dans la loi de finances 2026 et couvert via le budget de l’État. L’accord prévoit un délai maximal de trois mois pour le règlement intégral du montant à Actis.
La reprise d’Eneo par l’État est motivée par la nécessité de stabiliser un secteur miné par les coupures récurrentes et le sous-investissement chronique. L’opérateur accumulait, à fin 2024, une dette globale estimée à 489 milliards de FCFA envers le Trésor. En reprenant la majorité du capital, le gouvernement camerounais entend récupérer la maîtrise des décisions d'investissement et accélérer les réformes pour garantir une meilleure qualité de service et une disponibilité plus fiable de l'électricité pour les ménages et les entreprises.
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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