Marché local : Fil d’Ariane du budget de l'État
Dernière mise à jours il y'a 6 moisLa gestion des finances publiques camerounaises a connu une réorientation notable au premier semestre 2025, avec une part prépondérante des financements assurée par les acteurs du marché domestique.
Lire aussi : Pénurie de pétrole lampant : L'État actionne le plan B
Sur une enveloppe globale de 977,4 milliards FCFA de ressources mobilisées par l’État, les banques locales et les investisseurs nationaux ont fourni 515,8 milliards FCFA à travers l'émission de titres publics. Cette contribution représente près de 53 % du total et témoigne d'une confiance accrue dans la signature de l'État.
Le recours aux emprunts intérieurs a été particulièrement marqué par la préférence pour les titres à court terme. Les Bons du Trésor Assimilables (BTA) ont été l’instrument de choix, totalisant 451,9 milliards FCFA, soit environ 88 % des fonds levés sur le marché domestique. Les souscriptions les plus importantes ont été enregistrées en janvier, mars et avril, des périodes qui coïncident avec des besoins de trésorerie urgents. La majorité des investisseurs a privilégié les maturités à 26 semaines (225 milliards FCFA), une tendance qui reflète une gestion prudente du calendrier de remboursement.
À l'inverse, les Obligations du Trésor Assimilables (OTA), destinés à des investissements à plus long terme, ont connu un recours plus modéré, avec seulement 63,9 milliards FCFA émis, soit 12 % du total. Ce faible volume s'explique par une volonté de l'État de maîtriser ses coûts de financement face à la pression sur les taux d'intérêt.
Ce recentrage sur le marché intérieur s'inscrit dans un contexte budgétaire complexe. La Loi de finances 2025 a dû être révisée à la hausse pour s'établir à 7 735,9 milliards FCFA, soit une augmentation de 418,2 milliards FCFA par rapport aux prévisions initiales. Cette révision est le résultat de plusieurs facteurs : une baisse de 93,3 milliards FCFA des recettes pétrolières, un bond des charges de la dette de 388,2 milliards FCFA pour atteindre 2 369,7 milliards FCFA, et la nécessité d'éponger des restes à payer de 2024.
Dans le même temps, les financements extérieurs ont affiché un repli relatif. Les décaissements se sont élevés à 461,6 milliards FCFA au premier semestre, soit 67 % des prévisions. Ces ressources proviennent à 87 % de bailleurs multilatéraux (Banque mondiale, FMI, BAD), le reste étant couvert par des partenaires bilatéraux et des créanciers commerciaux. Cette diminution de l'apport externe a rendu d'autant plus indispensable la mobilisation des ressources nationales.
BCN
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Articles similaires
Floyd Miles
Actually, now that I try out the links on my message, above, none of them take me to the secure site. Only my shortcut on my desktop, which I created years ago.