Marché des titres : Le déficit de 57 % à couvrir d'ici la fin de l'exercice
Dernière mise à jours il y'a 2 moisLe financement du budget de l'État camerounais fait face à un défi d'exécution majeur. D'après la Revue de l’exécution du budget publiée par le ministère des Finances, la mobilisation totale d'emprunts nouveaux au premier semestre 2025 s'élève à 731,9 milliards FCFA.
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Ce montant ne représente que 43 % de l'objectif annuel de 1 702,7 milliards FCFA, laissant un solde de 57 % ( soit près de 970 milliards FCFA) à contracter au second semestre. Cette performance, bien que légèrement supérieure de 1,2 % à celle de l'année précédente, met en lumière la nécessité d'une accélération rapide des décaissements.
L'analyse détaillée des 731,9 milliards FCFA mobilisés révèle une redistribution significative des sources de financement, qui représentent 22,8 % des ressources globales du budget. Les prêts constituent la majorité de l'enveloppe (65,3 %, soit 477,7 milliards FCFA). Cependant, la structure interne de ces prêts a basculé car, les prêts-projets (dédiés aux investissements spécifiques) ont ralenti à 232,9 milliards FCFA. À l'inverse, les prêts-programmes (destinés au soutien budgétaire) ont explosé, passant de 30,6 milliards FCFA au S1 2024 à 244,8 milliards FCFA en 2025. Cette hausse est largement portée par les financements institutionnels, dont 72 milliards FCFA du FMI.
Ce déséquilibre signale une utilisation accrue de la dette pour l'équilibre courant plutôt que pour l'investissement pur. L'émission de titres publics (OTA et BTA) a généré 254,2 milliards FCFA (34,7 % du total). Cette mobilisation sur le marché de la BEAC, principalement auprès des banques régionales, est en recul de près de 19 % (-59,2 milliards FCFA) par rapport à 2024. Fait notable aucun emprunt bancaire direct n'a été contractualisé sur ce semestre.
Les fonds contractés ont été affectés au financement de projets prioritaires, notamment l'interconnexion électrique Cameroun–Tchad (29,6 milliards FCFA), l’aménagement des voies d’accès à la zone portuaire de Kribi (27,9 milliards FCFA), et les filets sociaux adaptatifs (27,4 milliards FCFA). En conclusion, si les besoins de financement sont clairs et les projets identifiés, le défi de l'État est désormais d'accélérer le déblocage des fonds extérieurs non encore décaissés pour ne pas surcharger le marché des titres locaux au second semestre. Le report de 57 % de l'objectif sur six mois exige une efficacité administrative et une stabilité macroéconomique maximales.
bernardo carlos ndjomo
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Floyd Miles
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